Saints limousins

Sur le fond, le Limousin ne diffère pas des autres contrées de la chrétienté latine, comme partout en effet, aux saints de l'Eglise universelle s'ajoute un lot de saints "régionaux" sinon "locaux" dont les églises conservent les reliques. 

 

Ce qui fait peut être l'originalité du Limousin c'est que bon nombre de ces reliques de saints étaient conservées dans des reliquaires de fabrication locale.

 

L'autre particularité limousine est la bonne connaissance que nous avons de ces reliques conservées au sein du vaste diocèse du Moyen Age grâce deux historiens qui ont écrit l'un à la fin du XIIème, le moine Geoffroy de Breuil, prieur de Vigeois, et l'autre au début du XIVème, le dominicain Bernard Gui, natifs tous deux du Limousin. le premier  Geoffroy de Breuil, prieur de Vigeois, consacre le chapitre XV du premier livre de sa Chronique à l'énumération des églises du diocèse de Limoges renfermant des reliques de saints qui y sont honorés. Le second, Bernard Gui( 1261-1331), complète et réorganise le travail de Geoffroy de Vigeois. D'aout 1305 à janvier 1307, il est prieur du couvent des Dominicains de Limoges et créée un traité d'hagiographie limousine, composé d'une liste de noms, complétés pour la plupart de quelques mots sur les hauts faits de la vie du saint. Il divise son oeuvre en trois livres d'inégale importance.

 

(Source - Jean-Christophe "Les saints du Limousin")

 

 

Le traité de Bernard Gui nous renseigne sur le nom d'environs une centaine de saints dont les corps font l'ornement des églises du diocèse de Limoges. On y retrouve :

 

* les saints de la légende Aurélienne, dont les reliques sont conservées à l'abbaye Saint-Martial de Limoges ou provenant initialement de celle-ci : Martial, Valérie, Suzanne (mère de Valérie), Alpinien et  Austriclinien (les disciples de saint Martial), le duc Etienne, Aurélien et son compagnon André (prêtres des idoles), Ortaire, Hildebert (fils du comte de Poitiers ressucité par Martial et qui se fit clerc), Androche (évêque breton qui fut tué alors qu'il venait au sanctuaire de saint Martial), Amafe (le constructeur du tombeau de saint Martial.

Bernard Gui leur ajoute deux autres saints, dont les corps sont conservés ailleurs, mais qui passaient pour provenir de l'abbaye : Celse et Justinien.

 

* les saints des autres églises de Limoges : Asclèpe l'évêque, Flavie, Rorice l'évêque, Just, Loup l'évêque, Joconde (le père de saint Yriex), Cessateur l'évêque, Domnolet.

 

* les saints du diocèse : Léonard de Noblat, Marc et Sébastien (fondateurs du monastère de l'Artige), Gaucher à Aureuil, Martin de Brive, Calmine, Justine, Etienne de Muret, Goussaud, Eloi, Bosole, Yrieix et sa mère Pélagie, Théau à Solignac, Geoffroy au Chalard, l'évêque Férréol à Nexon, Martin chapelain de Charlemagne à St Priest sous Aix,  Ulfard à Tulle  ...

 

* les saints limousins vénérés en d'autres diocèses : Eloi né à Chaptelat est vénéré à Noyon, Vasst né à Courbefy vénéré à Arras, Amand né à La Mayse vénéré en Périgord, Bosole vénéré au diocèse de Trèves, Odon de Cluny fut abbé de Saint-Martin de Tulle est vénéré à Saint-Julien de Brioude, Remacle premier abbé de Solignac vénéré à Stavelot, Sacerdos évêque de Limoges vénéré à Sarlat, Alpinien dont la dépouille fut transportée à Castelsarrazin.

 

Dans leur répartition géographique, la Haute-Vienne a une place prépondérante avec 50 saints dont 24 seulement pour Limoges, alors que la Corrèze en compte 32, la Creuse 11 et la Charente (Lesterps) 3. L'abbaye de Saint-Martial conserve à elle-seule 15 de ces corps dans les reliquaires.

 

Nombre de ces saints font l'objet de pratiques propres au Limousin que sont les ostensions tous les sept ans depuis la fin du Moyen Age, tout comme les nombreuses processions où leurs reliques furent montrées au cours de l'époque médiévale.

 

Les reliques des saints proprement limousins ne sauraient faire oublier, en effet, celles des martyrs romains, celles, très variés qui avaient été ramenées d'Orient, ou d'autres encore qui, mises à l'abri du Limousin au moment des invasions normandes, avaient été gardées sur place ou en parrtie. C'est Geoffroy de Breuil, moine de Saint-Martial et un temps prieur de Vigeois, qui, rédigeant sa chronique en 1183, tenta le premier d'établir une liste des saints dont les reliques sont comme il dit, la "parure" des églises du diocèse : on ne laisse pas d'être étonné de voir qu'à Saint-Martial, où l'on s'était pourtant séparé de quelques reliques au profit d'églises extérieures, se trouvaient des sépultures et les restes de quatorze personnages considérés comme saints ; et que six autres églises de Limoges abritaient les ossements d'autres saints locaux.

 

(Source - Limousin médiéval, le temps des créations / Bernadette BARRIERE)

Buste reliquaire d'Etienne de Muret de l'Ordre de grandmont

Tombeaux du XIIIème siècle d'Etienne d'Obazine

Les écrits de Geoffroy de Vigeois puis de Bernard Gui témoignent de la multiplicité des parcours terrestres de ces personnages, qui furent martyrs, ermites, fondateurs, abbés ou évêques. Tous cependant, ont pour point commun la pieuse conservation de leurs reliques, à l'origine du culte dont il font l'objet, et qui démontre à quel point les restes saints rattachent leur propriétaire à un lieu, faisant d'eux des "limousins", qu'ils soient natifs de la région ou non.

 

(Sources - Jean-Christophe "Les saints du Limousin")

Un culte se développa très tôt sur la sépulture du premier évangélisateur du Limousin et premier évêque que fut Martial au IVème siècle. Grégoire de Tours témoigne de ce culte à la fin du VIème siècle.


L'oeuvre d'évangélisation du Limousin qui s'est lentement effectué aux temps mérovingiens, après que la première impulsion eut été donnée par Martial, ses compagnons Alpinien et Austriclinien, et son successeur immédiat Aurélien, résulte des intiatives qui furent prises, en accord avec l'évêque, par un certain nombre d'autres personnages que leurs contemporains perçurent aussitôt comme des saints, et que le peuple limousin vénère depuis des siècles comme ses ancêtres de référence : le culte qui se développa dès leur mor aux tombeaux de Junien, Victurnien, Léonard, Psalmet (à Eymoutiers), Yrieix, Marien (à Evaux), Pardoux (à Guéret), Martin l'EspagnolBrive) et d'autres encore, est resté particulièrement vivace dans cette région attachée à la vénération des reliques comme à la notion de pèlerinage.

 

L'évêque confia la plupart de ces sanctuaires à des chapitres canoniaux qui avaient mission d'y assurer le culte, et qui, de surcroît, eurent évidemment à coeur d'assurer la renommée de leurs saints respectifs : veillant à la bonne tenue des cérémonies, à la qualité des ornements liturgiques, à l'entretien et au décor des édifices dont la reconstruction générale s'opère à partir de la seconde moitié du Xième siècle semble-t-il, ces communautés se préoccupent d'abriter les reliques du saint dans des coffres et des châsses, périodiquement embellis ou renouvelés, au fur et à mesure que les moyens financiers le permettaient ; entre l'utilisation du bois ou du plomb, et celle de l'or ou de l'argent, l'émail champlevé sur cuivre doré a dû représenter l'une des étapes possibles dans la recherche de ces améliorations.

 

Avec la série des saints mérovingiens, la liste des saints limousins n'était pas close et les XIIème et XIIIème siècles furent à même d'accueillir et de vénérer de nouveaux arrivants dans cette cohorte céleste. Les incitations réformatrices du mouvezment grégorien des XIème et XIIème siècles semblent avoir été particulièrement bien reçues dans le diocèse de Limoges, où on relève l'action d'Israël et Théobald au chapitre du Dorat, de Gautier à Lesterps, de Geoffroy, fondateur du chapitre du Chalard, de Gaucher, fondateur du chapitre et de la petite congrégation canoniale d'Aureil, de Marc et Sébastien, fondateurs du petit ordre érémitique de l'Artige.

 

D'autres expériences que celles des chanoines réguliers furent également tentées çà et là : on retiendra surtout celle d'Etienne de Muret, dont le choix de vie érémitique attira, paradoxalement, de nombreux disciples, lesquels, après sa mort en 1124, s'organisèrent en ordre parfaitement original, dont le siège fut Grandmont, appelé au rayonnement que l'on sait dans les Etats Plantagenêts. On retiendra de même l'expérience, érémitique puis monastique, d'Etienne d'Obazine (1159) lequel fit lui-même entrer en 1147 les diverses maisons qu'il avait fondées dans l'Ordre Cistercien.

 

Le culte rendu, dès leur mort ou peu après, à ces saints historiquement bien connus, fut souvent aussi intense que celui que l'on rendait traditionnellement aux anciens : en témoigne par exemple la châsse dite de "saint Etienne de Muret" de la fin du XIIème siècle, conservée à l'église d'Ambazac et qui pourrait avoir été le premier receptacle des ossements du saint ; en témoigne encore le monument funéraire en pierre sculpté qui vers 1200 fut placé au-dessus des restes d'Etienne d'Obazine, monument probablement réalisé par les ateliers royaux d'Ile de France, tandis que Lois IX parallèlement avait commandé aux officines limougeaudes des plaques émaillées pour la sépulture de deux de ses enfants.

 

(Source - Limousin médiéval, le temps des créations / Bernadette BARRIERE)

PETITES VIES DES SAINTS LIMOUSINS


SAINT THEAU ou TILLON, prêtre et ermite (7 janvier)

Captif saxon racheté par saint Eloi, le jeune Théau ou Tillon fut initié par lui à l’orfèvrerie et par saint Remacle à la vertu. Eloi devenu évêque de Noyon en fit un prêtre pour l’évangélisation des Saxons installés en Flandre. Après la mort de son évêque en 659, Tillon se retira dans les solitudes de la Haute Auvergne il revint finir ses jours à Solignac dans un ermitage où il recevait et conseillait même des évêques. Il mourut à un âge avancé vers 702 et ses reliques furent détruites au temps des guerres de religion.
 

SAINT VAURY, ermite (10 janvier)

Venu du Nord-Est de la Gaule vers le tombeau de saint Martial au VIè siècle Vaury se fixa comme ermite sur l’éminence des Trois-Cornes, près d’une église dédiée à saint Julien où il devait être enterré. Donné à l’abbaye de saint Martial, le lieu fut pourvu d’un petit monastère et les reliques du saint patron mises quelque temps à l’abri à Montjovis vers 1010. La dédicace de l’église fut faite le jeudi 3 juillet 1035 par l’archevêque de Bourges et quelques évêques de sa province qui s’y entretinrent de la Paix de Dieu en Aquitaine. La châsse émaillée de saint Vaury et ses reliques ont été sauvées à la Révolution.
 

 

SAINT VAAST, ou GASTON, évêque (6 février)

Saint Vaast était originaire des confins du Périgord et du Limousin, peut-être de Courbefy, au Vè siècle. Missionnaire dans le Nord païen de la Gaule comme plusieurs Aquitains cultivés de l’époque, il fut chargé de préparer le roi Clovis à son baptême de 496. Saint Rémi de Reims chargea ensuite Vaast d’être l’évêque des cités de Cambrai et d’Arras, et c’est dans cette dernière ville qu’il mourut en 540. L’église et l’abbaye mise sous son nom est devenue la cathédrale du diocèse et abrite toujours ses reliques.
 

 

SAINT AVERTAN, religieux (25 février)

Jeune Limousin de famille modeste. Avertan entra chez les Carmes de Limoges au XIVè siècle et s’y fit remarquer par son obéissance et sa dévotion à la Vierge Marie. Parti pour un pèlerinage à Rome, il succomba à Lucques aux fatigues de la route et à une épidémie. Les miracles qui eurent lieu auprès de son corps valurent à ses reliques un transfert à la cathédrale de Lucques au XVIè siècle et, à lui-même, un culte dans son Ordre. Ce culte fut adopté par le diocèse de Limoges à la fin du XVIIIè siècle.

 

SAINT AURELIEN, évêque (10 mai)

Un récit liturgique du Xè siècle sur la vie de saint Martial fait d'Aurélien le successeur du Saint comme évêque de Limoges. Son corps fut solennellement élevé de terre en 1316 dans l'église Saint-Cessateur de la ville et conservé ensuite par la corporation des bouchers dans la chapelle qui porte son nom.

 

SAINT LOUP, évêque de Limoges (22 mai)

Ce dignitaire ecclésiastique, responsable du sanctuaire de saint Martial, fut élu évêque de Limoges au début du VIIe siècle et approuva la fondation de la lignée. Enseveli à l'abbaye de Saint-Martial, son corps fut transféré le 6 septembre 1158 à Saint-Michel-des-Lions; la foire du jour de sa fête propagea son culte qu’entretient toujours une confrérie à son nom.

LES SAINTS EVEQUES DE LIMOGES (6 juillet)

Depuis saint Martial, une centaine d’évêques ont occupé le siège de Limoges. Parmi eux, la cathédrale ou telle église du diocèse a vénéré la mémoire des deux Rorice, le grand-père et le petit-fils, d’Asclèpe, de Sacerdos, de Cessateur; tous ont vécu entre le VIè et le VIIIè siècle. Au XIVè siècle, Roger Le Fort des Ternes fut promu du siège de Limoges à celui de Bourges où ses vertus lui valurent le titre de bienheureux.

 

SAINT GAUCHER, religieux (9 avril)

Né près de Meulan dans le Vexin vers 1060. Gaucher se fixa tout jeune comme ermite en Limousin où il passait par Saint-Léonard sur la route de Saint-Gilles. L’appui de l’évêque et du chapitre cathédral l’amena à fonder le prieuré des chanoines réguliers d'Aureil et quelques communautés féminines avoisinantes. Ce prieuré dont l’église fut dédiée en 1093 à saint Jean l’Evangéliste s’inspirait des coutumes de Saint-Ruf de Valence approuvées par Urbain II ; au célibat traditionnel s’ajoutait ainsi le partage de tous les biens. Aureil essaima vite dans le diocèse et ses chanoines y furent responsables d’une quarantaine d’églises. Très mortifié, Gaucher était un prédicateur populaire renommé. Il mourut octogénaire le 9 avril 1140 des suites d’un accident de la route et l’évêque de Limoges le canonisa en 1194 avec l’autorisation du pape Célestin III

 

SAINT YRIEIX, abbé (26 août)

Né à Limoges de parents nobles au VIè siècle Yrieix (Aredius) est le mieux connu des premiers saints limousins. Ordonné par saint Nixier de Trêves, il fonda sur son domaine d’Attane un monastère dont les filiales furent Vigeois et Excideuil en Périgord. Bâtisseur d’églises, Yrieix fut surtout un fervent pèlerin qui visitait les sanctuaires renommés et les personnages religieux de son voisinage, telle sainte Radegonde de Poitiers. Il avait laissé la gestion de ses biens à sa mère Pélagie et il la suivit de quelques années dans la vie éternelle, en 591, après un dernier pèlerinage à Saint-Martin de Tours.

 

 

 

SAINT VICTURNIEN, ermite (30 septembre)

Victurnien était honoré comme ermite le 30 septembre dans une église Saint Etienne sur les bords de Vienne. Son corps ayant été élevé de terre un 15 octobre et placé en châsse au XIIIè siècle, la localité a gardé son nom. Une tradition tardive fait venir Victurnien des pays celtiques aux temps mérovingiens et lui attribue la guérison des maladies mentales.

 

SAINT-JUNIEN ET SAINT AMAND, ermites (16 octobre)

Le tombeau de saint Junien attirait à Comodoliac les malades en foule dès la fin du VIè siècle. Vers le IXè siècle, un récit liturgique (relayé par la chronique du chanoine Etienne Maleu qui prit la plume en 1316 confirmant le passage de Grégoire de Tours), rappela sa haute naissance, sa persèvérance au désert et la protection que lui avait accordée l’évêque saint Rorice 1er. Ce récit lui donne comme maître spirituel saint Amand dont le tombeau fut retrouvé sur place à la fin du XIè siècle, mais dont on ne sait rien. La basilique Saint André de Comodoliac fut bâtie par l’évêque Rorice II sur le tombeau de saint Junien qui l’avait guéri et qui donna, avec Notre-Dame, son nom à la collégiale de Saint-Junien rebâtie au XIIè siècle. Une communauté de moines, puis un chapitre de chanoines desservirent le sanctuaire jusqu’à la Révolution. Geoffroy de Vigeois dans son catalogue des saints remarquables du Limousin note, à la fin du XIIème siècle, que les reliques d'Amand et de Junien faisaient la fierté des saint-juniauds. les reliques de saint Amand, après l'invention en 1083 de sa première sépulture par saint Hugues, abéé de Cluny, furent recueillies dans l'église des chanoines de Saint-Junien.

 

 

SAINTS ISRAEL, prêtre, et THEOBALD, diacre (7 novembre)

Israèl est né près du Dorat au milieu du Xè siècle et fut offert tout enfant à la collégiale du Dorat  nouvellement créée par le comte de la Marche sur la paroisse de Dinsac. Bien doué et vertueux il fut remarqué par l’évêque de Limoges Hilduin qui le prit comme chapelain et en fit son auxiliaire en raison de son éloquence et de son jugement. Bientôt Israèl reçut la charge de chantre, seconde dignité au Dorat; il eut comme ami le saint chanoine Hervè, trésorier de Saint-Martin de Tours, et comme élève le jeune Gauthier, futur supérieur de Lesterps. Il dut même reprendre en mains, comme prévôt, le sanctuaire de Saïnt-Junien et y établir l’observance canoniale traditionnelle. Généreux pour les pauvres et accueillant envers les victimes du mal des Ardents. Israèl passa de ce monde à la lumière divine le 22 décembre 1014. Originaire lui aussi de la Marche, Thèobald fit ses études à Périgueux, mais se mit au service de Dieu au Dorat quelques décennies après la mort d’Israèl. Très assidu à la prière et sortant le moins possible, il fut choisi comme trésorier et sacriste de l’église à laquelle il assura de grands avantages: lui-même se contentait du minimum tout en rendant des services d’enseignement. Il mourut épuisé le 6 novembre 1070. Les deux corps saints furent élevés de terre le 27 janvier 1130 pour être placés dans la crypte de l’église, puis transférés le 13 septembre 1659 de chaque côté de l’autel majeur; cette dernière date marque le début des ostensions septennales. Des miracles signalèrent ces translations et les reliques furent sauvées lors de la Révolution.

 

SAINT JUST (26 novembre)

Ce saint homme était anciennement fêté le 26 novembre sur le territoire qui porte aujourd’hui son nom. Vers l’an mil ses reliques furent données à l'abbaye Saint-Martial nouvellement fondée à Limoges, et une belle légende en fit un prêtre disciple de saint Hilaire. Une partie des reliques semble avoir été encore ramenée à la cathédrale vers 1220; on en trouve également à Couzeix comme à Saint-Just-le-Martel depuis la Révolution.

 

SAINT SAUVEUR et SAINT JULIEN, honorés à Rochechouart

Le choix du vocable St Sauveur appartient aux religieux de Charroux qui étaient les fondateurs du monastère de Rochechouart

 

SAINT JULIEN de Brioude

Gage de l’union des deux paroisses de Biennac et de Rochechouart. Né à Vienne, dans le Dauphinè, saint Julien fut décapité à Brioude lors de la persécution de l’empereur Dioclétien en 304. Il passait pour guérir les paralytiques, les aveugles, les boiteux.
 

 

SAINT MAXIMIN, honoré à Magnac Laval

Saint Maximim, né près de Loudun en Poitou à la fin du IIIè siècle, devint évêque de Trêves capitale d’été de l’empereur romain Constantin. Il s’arrêtera souvent à Magnac Laval au cours de ses voyages au pays natal oû il mourut le 29 mai 352. Ses reliques sont conservées à Pfalzel près de Trêves.

 

(Source - Fédération des Confrèries Limousines)

 

SAINT AUREIL

Saint-Étienne de Muret, suivant son hagiographie, vint les premiers temps de cette fondation près de Gaucher. Ils étaient très liés, mais un jour que Gaucher accéda aux demandes de "vertueuses dames" pour vivre sous sa direction en 1085. Étienne qui y était foncièrement hostile prit ses distances et partit vers Muret. Saint Gaucher fit construire pour ces moniales le monastère de Bost las Mongeas à 500 m d'Aureil. L'église de son prieuré fut dédié en 1093 à St Jean l'Évangéliste. La règle suivie s'inspirait des coutumes de Saint Ruf de Valence qui avaient été approuvées par Urbain II; célibat traditionnel avec partage de tous les biens. Les chanoines réguliers d'Aureil desservaient une vingtaine d'églises paroissiales en 1200. Saint Gaucher devait mourir des suites d'un accident; sommeillant sur sa monture, il avait 80 ans; il tomba et sa tête heurta un pierre. Il mourut le surlendemain, le 9 avril 1140. Au cours de la cérémonie funèbre présidée par Gérald, évêque de Limoges, de nombreux miracles eurent lieu. Il fut canonisé par Célestin III en 1194. L'évêque de Limoges se rendit à Aureil le 19 septembre 1194, releva le corps du saint, et le plaça dans une chasse. Le monastère d'Aureil, nom donné au lieu par saint Gaucher, eut un tel succès, qu'une quarantaine de prieurés en Limousin, dans le sud du Berry et dans sa région natale furent fondés. Il reçut de très nombreuses donations des puissantes familles du voisinage et des évêques de Limoges. Mais cette observance sera victime d'abord des troupes du Prince Noir. Reconstruit, il sera brûlé sur l'ordre du Duc des Deux-Ponts en 1569, et une seconde fois par les huguenots de Lévis de Ventadour en 1575. Les derniers moines abandonneront Aureil en 1598. Le dernier prieur, Simon Palays, demandera que son monastère soit uni au Collège des Jésuites de Limoges en 1622, comme le sera celui de l'Artige en 1682. Des bâtiments monastiques seront reconstruits en 1643, mais l'église avait été réduite par un mur de refend entre la deuxième et la troisième travée en 1635. L'aile orientale fut démolie au XIXe siècle. La couverture du clocher primitivement en ardoise a été refaite en 1967 en essentes de châtaignier. La dernière travée de l'église qui était sécularisée a été rachetée par la municipalité pour servir de salle municipale.

Michel FOUGERAT

 

SAINT SILVAIN d'Ahun (16 octobre)

 

Dès le XIème siècle, les anciens calendriers de la cathédrale de Limoges et de l'abbaye Saint-Martial font mention de saint Silvain.


Geoffroy de Vigeois dan sa chronique rédigée à la fin du XIIème siècle en fait un martyre des Vandales, Bernard Gui ajoutant au XIVème siècle que son corps a été enseveli par les Normands. L'histoire du martyre décapité à Acitodunum, station gallo-romaine identifiée depuis toujours à Ahun en Creuse peut avoir pour certains, été contaminée par les restes mythologiques de Sylvanus protecteur des espaces boisés.

 

 

SAINT VIANCE

 

Vicentien, le futur saint Viance, né vers l'an 623, est élevé à la cour des ducs d'Aquitaine. Ayant choisi une vie d'austérité érémitique, il se retire dans une forêt proche de Limoges; à Rouffiac, où il meurt. L'évêque de Limoges, Rustique, ordonne alors de faire transporter son corps à Avolca-Curtis (aujourd'hui Saint-Viance en Corrèze) où un dévôt prêtre, Savinien, ami de saint Viance, fait élever une église. Un ange apparaît à Savinien, lui ordonnant d'aller chercher le corps de Viance et de l'ensevelir dans son église. En route, le cortège funèbre tiré par des boeufs est attaqué par un ours, qui tue l'un d'eux. Alors se produit un miracle : l'ours prend docilement dans l'attelage la place du boeuf. On reconnaît ici un des poncifs dont ces récits sont friands : l'animal sauvage transformée en bête de somme. La vie légendaire de saint Psalmet, autre saint limousin, nous en offre une variante : celle de l'âne et du loup. Trois médaillons, au revers de la châsse de saint Viance, illustrent la vie et la mort du saint : l'apparition de l'ange à Savinien, le miracle de l'ours attelé au convoi funèbre et l'ensevelissement de Viance de l'évêque Rustique.

 

SAINT PARDOUX de Guéret (6 octobre)

 

Le culte de saint Pardoux se développe à partir du Xe siècle dans le diocèse de Limoges. Il ne figure pas dans le martyrologe romain, mais il est présent dans les plus anciens martyrologes limousins.

 

C'est au VIIe siècle que Lantarius, comte de Limoges, persuada le moine Pardulphe (ou saint Pardoux) de rejoindre son domaine rural de Waractum. Pardulphe, jusqu'alors ermite réputé pour ses pouvoirs de thaumaturge, y devint abbé d'une abbaye autour de laquelle un village se construisit. L'ensemble fut rasé par les Vikings au IXe siècle, mais une modeste cité y fut reconstruite, donnant naissance à Guéret.

 

Plusieurs vitae ont été conservées, mais la source principale de la légende est dans les Acta Sanctorum des Bollandistes. Fils de paysans, Pardulphe reçoit une branche sur la tête dans son enfance, ce qui le rend momentanément aveugle, mais surtout le transforme moralement. Il se fait dès lors remarquer par sa grande charité. Plus tard, il se signale par des guérisons miraculeuses, dont celle du conseiller du duc d’Aquitaine Regnaricus, qui avait mangé des cèpes qui s’étaient coincés dans son gosier ; parrain de l’enfant d’un certain Leodulphus de Bourges, le berceau se balance tout seul quand il le faut. Cela n’empêchera pas l’enfant de mourir, mais la protection de Pardulphe épargne à la maison de ses parents d’être détruite par le gigantesque incendie, allumé par les Francs, qui ravage la ville en 743. Une statue et une peinture dans l’église de Gimel-les-Cascades (Corrèze), rappellent ce fait.

 

 
 
 
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