Saint Ferréol

L'épiscopat de Ferréol, qui succède à Exoce, est bien connu. Le nouvel évêque de Limoges est, en effet, attesté par Grégoire de Tours, ce qui suggère une action étirée sur toute la fin du Vième siècle. Là encore, les temps paraissent troublés par la violence, et l'évêque doit intervenir pour favoriser la reconstruction de l'église Saint-Martin de Brive, détruite par incendie. Surtout il doit faire face aux graves désordres survenus à Limoges , à l'occasion d'une levée d'impôts voulue par Chilpéric (561-584).

Grégoire de Tours est le premier à signaler l'affaire : alors que la population locale se soulève et refuse de payer, Ferréol intervient en médiateur tout en prenant sous sa protection le référendaire, un certain Marc, menacé par la foule en colère. L'évêque de Tours signale encore que des abbés et des prêtres furent par la suite torturés ppar les agents du roi, ces derniers ayant eu le tort, aux yeux du souverain, d'avoir pris le parti de la population locale.

Pour autant Ferréol ne semble pas avoir été inquiété ce qui, en plus de son attitude protectrice vis-à-vis du référendaire, pourrait laisser supposer des points de vue divergents entre le clergé et son évêque. Grégoire de Tours précise sa participation au concile de Mâcon, en 585.

Quant à Collin il s'inspire d'une Vie légendaire rédigée, semble-t-il au XIIème siècle, pour rajouter que le saint évêque, lors d'une épidémie de "fièvres jaunes, pourpre et dyssentrie", convoqua le peuple "dans l'église de Saint-Martial". Après trois jours, "jeûnant, pleurant et riant, et chargé d'un rude cilice", il obtient la guérison de tous les malades, tandis que la maladie est "entièrement éteinte dans tout le diocèse". Il préside également qux obsèques de son ami saint Yrieix en 591.

 

(Source - Les saints limousins / JC Masmonteil)

 

 

Saint Ferréol serait mort en 596. Lors de ses obsèques; le corps du saint évêque est placé dans "un cercueil de bois que l'on avait ouvert des deux côtés pour que le peuple pût lui baiser les mains". Il est enseveli dans l'église Saint-Paul, puis à l'abbaye Saint-Augustin-lès-Limoges. Néanmoins, Geoffroy de Vigeois, à la fin du XIIème siècle, narre de manière très précise une translation de ses reliques, réalisée à l'initiative de la famille de Lastours. il précise que :

 

"Le corps de saint Ferréol, confesseur et évêque de Limoges, fut transporté au château de Lastours par les nobles seigneurs de ce nom. Il était auparavant dans le monastère de Saint-Augustin. Ledit monastère de Saint-Augustin placé hors des murs et de l'enceinte de Limoges, fut détruit dans les guerres des sauvages Goths, Vandales et autres barbares. Plus tard, le corps de saint Ferréol fut transporté à Nexon par ledit seigneur de Lastours, et déposé sur l'autel de l'église dans une châsse d'or, aux Calendes de spetembre, sous le règne de Théodebert et le pontificat de saint Hilaire".

 

Il paraît difficile de suivre le chroniqueur quant à la datation des évènements : le pontificat d'Hilaire, entre 461 et 468, est trop précoce pour être contemporain de Ferréol, attesté dans la seconde moitié du VIème siècle. Dom J. Becquet propose plutôt l'hypothèse selaon laquelle la famille de Lastours, au XIème siècle, obtient de l'évêque un corps épiscopal destiné à être vénéré à Nexon, par ailleurs paroisse sous son patronage épiscopal. Mieux encore, sa Vie, supposée écrite au XIIème siècle, pourrait l'avoir été à cette occasion. Toutefois, celle-ci place la mort du saint un 18 septembre, soit le même jour que celle de son homonyme, saint Ferréol de Vienne, un martyr du IIème siècle. Il ne s'agirait alors que d'un récit fantaisiste, dont le seul objectif serait de donner une date de décès et une légende plus précise à un corps, enterré à Saint-Paul ou Saint-Augustin comme la plupart des évêques, et récupéré par les Lastours.

 

(Source - Les saints limousins / JC Masmonteil).

C'est donc à Nexon, dans la continuité de cette translation, que se développe le culte lié au saint. Celui-ci se concrétise par la réalisation d'une châsse. Geffroy de Vigeois évoque une "chasse en or" information confirmée au XIVème siècle par Bernard Gui.

On ne sait ce qu'est devenue cette oeuvre, mais toujours est-il que l'église de Nexon conserve un reliquaire en cuivre, qui en a peut-être pris la suite. Une inscription, au revers, en précise la date, le commanditaire et l'artiste qui en est à l'origine :

 

"Le seigneur Guido de Brugières, de la paroisse de Saint-Martin-le-Vieux, chapelain de l'église de Nexon, a fait faire ce chef à Limoges, ai fait ce travail à Limoges en l'an de notre Seigneur mille trois cent quarante six sur la commande de Guido de Brugières".

 

Le reliquaire sur lequel est disposé l'amict, est orné d'un bandeau à décor de rinceaux pourvu de cabochons. Qhand au chef proprement dit, il laisse apparaître un saint barbu, à la chevelure ondulée. Il porte la mitre, bordée et divisée verticalement par un orfroi décoré de quadrilobes émaillés, qui représentent des anges à l'avers et des pairs d'oiseaux affrontés.

 

(Source - Les saints limousins / JC Masmonteil).

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