Plaques d'autel et frontal

L'autel est un élément monumental incontournable de la liturgie et les artistes limousins travaillent à l'orner de plaques émaillées. Malheureusement peu d'entre eux sont arrivés complets jusqu'à nous, on a le plus souvent que quelques plaques éparses.

 

L'autel est le haut lieu de la liturgie, il est placé sur les reliques du saint, ou à défaut on incruste dans la grande table de l'autel une table beaucoup plus petite qui contient les reliques, c'est la pierre de consécration sans laquelle on ne peut accomplir les divins mystères.

MAITRE AUTEL DE LA CATHEDRALE D'ORENSE

 

L’énorme production des ateliers de Limoges au cours des XIIe et XIIIe sièclesa laissé son empreinte dans les trésors conservés dans les églises et cathédrales galiciennes. Cela fut possible grâce à la situation géographique de Limoges, carrefour de routes commerciales et religieuses dans cet espace médiéval ouvert à la circulation, à la commande et à la diffusion de pièces émaillées comme le Frontal de la cathédrale d’Orense (Galice, Espagne) objet d’étude de la présente communication et qui est actuellement conservé démembré.

 

Cette pièce répond à la commande de l’évêque Alfonso qui a gouverné le siège épiscopal d’Orense pendant trente-neuf ans. Malgré les questions que nous nous posons sur l’origine possible de cette pièce, on peut penser qu’elle fut commandée dans un but spécifique et avec un programme très particulier étant donné que cette œuvre émaillée de facture limousine réunit la représentation de trois grands saints, patrons d’importants sanctuaires de pèlerinage: saint Martin de Tours, patron de la cathédrale d’Orense, saint Martial, évêque de Limoges, et saint Jacques de Compostelle.

 

(Source - Le Louvre / Josefa Gallego-Lorenzo)

MAITRE AUTEL DU SANCTUAIRE SAN MIGUEL IN EXCELSIS

(Sierra de Aralar)

 

Le frontal de la Vierge  reine et des Trois Rois conçu et exécuté vers 1170 pour le Sagrario de la cathédrale de Pamplune, présente, outre les têtes en bosse à la manière de Silos, deux innovations proprement limousines : figures d'émaux au dessin souligné par les filets clairs rechampis le long des parois et fonds d'or travaillés du motif dit vermiculé. Cet ornement végétal parcourt le champ décoré sans jamais outrepasser le plan unique où prolifèrent ses spires, ses oillets et ses vrilles dont les enroulements jamais ne s'entrecroisent. Les têtes en bosse, les colonnettes et les arcades ciselées à jour annoncent le même ouvrage et la même composition architecturale que l'Urna de Silos.

La réfection  et les transformations que subit le frontal, lorsqu'on le transfèra de Pamplune au sanctuaire de San Miguel in Excelsis, en modifièrent la configuration et l'ordonnance pour en faire un retable.

 

(Source - "L'Oeuvre de Limoges" / Louvre)

 

Voici une oeuvre capitale de l'orfèvrerie médiévale européenne, classée "Bien d'Intérêt Culturel". Attribué à un atelier limousin, ce retable roman du XIIe s. est exhibé derrière une vitre sur le maître-autel de l'église du Sanctuaire San Miguel de Aralar (Espagne).

 

37 émaux composent une singulière collection de personnages, harmonieusement disposés dans ce parement d'autel en métal doré de 2 mètres de large et 1,40 mètres de haut. Au centre, dans une mandorle, le personnage principal, une Vierge à l'Enfant. Conformément au canon roman, la Vierge Marie fait office de trône pour l'Enfant Jésus couronné qui bénit de la main droite en tenant les Livres Sacrés de la main gauche. Les pieds de la Vierge reposent sur un tabouret artistique. Remarquez, des deux côtés de sa tête, les lettres alpha et oméga et en dessous, l'étoile de l'Épiphanie. Une représentation du Tétramorphe entoure la Mère et le Fils, et non le Sauveur, comme à l'habitude, ce qui est fort curieux. Il s'agit des quatre symboles des évangélistes : un ange pour saint Matthieu ; un aigle pour saint Jean ; un lion ailé pour saint Marc et un taureau pour saint Luc. Des deux côtés, douze arcades disposées symétriquement encadrent autant de personnages. On y reconnaît les Rois Mages avec leurs offrandes ; 6 apôtres dont saint Pierre, la clé du Royaume à la main ; la Vierge, et le roi donateur. Entre les arcades, vous apercevrez en relief des édifices représentant la Jérusalem Céleste.Admirez les traits et les costumes de chaque personnages individualisés avec grande virtuosité. Les plis dorés des tuniques sont parfaitement assortis aux gammes de bleu indigo, au vert et aux quelques touches de blanc, noir et rouge. Les têtes et les pieds finement ciselés de tous les personnages sont également frappants.L'absence de quelques médaillons et de certaines arcades rappellent que plusieurs pièces de ce chef-d'oeuvre furent dérobées par le voleur d'oeuvres d'art Eric le Belge, en 1979. Heureusement, à ce jour, elles ont été pratiquement toutes retrouvées.

MAITRE AUTEL DE L'ABBAYE DE GRANDMONT

 

Vers 1231 Ces plaques ornées présentent les apôtres Jacques (New York, Metropolitan museum), Philippe (Saint-Pétersbourg, Ermitage), Matthieu (Musée du Louvre), Martial (musée du Bargello, Florence), Paul et Thomas (musée du Petit Palais, Paris). Exceptionnels par leur facture et par leur style, ces apôtres sont des exemples d'interprétation du style « 1200 » en Limousin.

 

La figure de saint Matthieu comme les cinq autres plaques est de forme cintrée et percée de sept trous de fixation. Ces apôtres, tous identifiés par une inscription, proviendraient de l'autel majeur de l'abbaye de Grandmont détruit en 1790. 

 

L'autel devait comporter treize plaques car la tradition locale voulait que Martial, saint patron de Limoges, soit associé au collège apostolique. Les saints sont  traités en haut-relief. Très plastique, assis sur un petit édicule et tenant à la main gauche son Évangile, ils se détachent sur un fond de rinceaux émaillés. L'aspect monumental et exceptionnel est renforcé par les cabochons qui ornent les vêtements, la reliure du livre et les yeux. Ce puissant relief au modelé sensible est repris à la gravure avec beaucoup de raffinement et rappelle la statuaire du début du XIIIe siècle.

 

Les figures d'apôtres du maître-autel de l'abbaye de Grandmont sont effectivement proches de certaines sculptures de la grande statuaire gothique, telles les statues des portails des transepts de la cathédrale de Chartres (vers 1210-1230). Ces grandes figures d'applique par leur expression grave, le traitement des drapés quelque peu classique et l'auréole formant comme une calotte font de ces œuvres une expression du style « 1200 » en émaillerie. Ce style « 1200 » connut un développement dans le nord de la France et dans les vallées de la Meuse et du Rhin mais, comme le révèle le traitement longiligne des apôtres et les plis de leurs vêtements, il s'est aussi répandu, au début du XIIIe siècle, dans la région de Limoges.

 

(Source - Musée du Louvre)

MAITRE AUTEL DU MONASTERE SANTO DOMINGO DE SILOS

 

C'est au musée de Burgos qu'est conservé le parement d'émaux restauré au XVIIIème siècle, sous la dénomination de "frontal", détaché de l'Urna de Santo Domingo. Il y fut déposé lors de la sécularisation de l'abbaye bénédictine de Silos en 1831.

L'urna de Silos, par les évidences chromatiques et plastiques de sa facture, atteste l'accord parfait établi pour l'abbaye de Silos et à Silos, entre le maître d'oeuvre et le commanditaire.

 

Le thème iconographique de l'Apostolado déployé en tryptique présente la Majesté parousique du Seigneur dans le champ médian et le collège des apôtres arrangés par six sur les ailes, leurs hautes figures y demeurent sous les arcades de la Jérusalem Céleste, portées par les colonnettes ciselées à jour dans le cuivre galbé. Désormais ces têtes en forte bosse vont être rivées aux plaques de parement, coulées selon des types variés et des modules de taille décroissante : elles frappent comme d'un sceau l'Oeuvre de Limoges.

 

 

(Source - "L'Oeuvre de Limoges" / Louvre)

 
 
 
 

LA CLOTURE DE SAINT-PIERRE DU VATICAN

 

La clôture en émaux limousins, commandée par Innocent III, pour la
confession de saint Pierre était couverte de plaques émaillées. Cette commande pour la clôture émaillée de la confession de saint Pierre au Vatican fait suite au concile de Latran IV 1215
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