Monuments religieux en Limousin

Le Limousin a été très tôt une terre christianisée et un lieu propice à l'établissement de nombreux ermitages qui ont parfois laissés place à des monastères prestigieux.

 

Les édifices romans sont partout présents comme des invitations à se perdre hors du temps. Le Limousin a fait le choix de présenter ses pièces d'orfèvrerie au coeur de leur église d'oirigine, alors ne gâchez pas votre plaisir pour les découvrir.

 

Aujourd'hui un tissu d'associations sauvegardent ces témoignages uniques et partagent leurs connaissances. Alors prennez la route et un des nombreux guide sous le bras pour appréhender la diversité d'architecture et ces richesses d'histoire.

Les témoignages bâtis ou non-bâtis nous rappellent le rayonnement culturel, artistique et intelectuel des moines en terre limousine tout au long du Moyen Age.

 

Les ensembles bâtis soulignent la diversité des influences diverses, et exposent les différents choix architecturaux des ateliers de bâtisseurs qui ont pû évoluer dans cette région du Limousin. Ces choix de construction ont répondu, à l'époque, à la fois à l'accompagnement de l'évolution de la liturgie, à des choix financiers et aux effets de "mode".

 

Si les témoignages du préroman sont quasiment nul, l'âge roman quant à lui est largement présenté dans sa grande diversité. Reste malgré tout à regretter que deux grands monuments limousins aient disparu : l'abbaye Saint-Martial de Limoges et l'abbaye de Grandmont.
 

Entreprenez ce voyage culturel et appropriez-vous une part de l'histoire.

DIOCESE DE LIMOGES ET SES ABBAYES

 

Au XIIème siècle, le Limousin religieux s'étendait donc sur un territoire de quelque neuf cents lieues carrées, parsemé d'un millier d'église qui disposaient des droits et du personnel nécessaires à leur fonctionnement. L'évêque de Limoges avait la responsabilité cultuelle et disciplinaire de cet ensemble territorial, et l'exerçait à l'aide de droits analogues à ceux des églises de son ressort.

 

A l'abbaye de Saint-martial de Limoges avait été imposée, aux temps carolingiens, la règle monastique de saint Benoît et Cluny avait ranimé cette observance au temps de saint Hugues (1062). Depuis deux siècles l'abbaye s'illustrait dans le domaine du chant sacré et de la miniature, elle rendait à son céleste patron les mêmes honneurs qu'aux apôtres du Christ, et sa bibliothèque comptait un demi-millier de manuscrits. Au début du XIIIème siècle, le chroniqueur de la communauté dressait le tableau de ses effectifs : quatre-vingt-dix moines au service du sanctuaire et deux fois autant dans une quarantaine de dépendances monastiques limousines qui ravitaillaient l'abbaye. Certaines de ces dépendances étaient importantes : la prévôté de Chambon, surtout, qu'honorait le coprs de la "protomartyre" Valérie, comptait cent moines, dont un tiers pour l'imposante église consacrée en 1212 ... En Limousin encore, les vingt moines de l'ancienne abbaye de Vigeois dépendaient de Saint-Martial ; l'effectif de chacun des prieurés d'Arnac, de Saint-Vaulry et de la Souterraine dépassait la dizaine, tout comme en quatre autres dépendances dans les diocèses voisins.

 

A Limoges même, le sanctuaire féminin abrité de tout temps par la cathédrale Saint-Etienne avait reçu lui aussi le code bénédictin qui devrait le désigner : Sainte-Marie de la Règle. En outre l'évêque avait fondé Saint-Augustin et Saint-Martin vers l'an mil en faisant appel à des moines poitevins. Toutes proches de la cité épiscopale, chacune de ces deux abbayes s'étaient contentée de quelques dépendances. Mais non loin de Limoges, Solignac s'était inspirée de la règle de saint Benoît dès sa fondation par saint Eloi au VIIème siècle et l'avait même fait pratiquer à Beaulieu au IXème ; plus anciennement pourvues, Solignac et Beaulieu avaient gardé un patrimoine respectable.

 

Plus loin en Limousin, les deux grands monastères bénédictins contrôlaient depuis le Xème siècle un réseau de dépendances progressivement accru : Saint-Martin de Tulle qui étendait son autorité sur une soixantaine de dépendances jusqu'en Quercy et à Rocamadour, Uzerche qui régentait même les petites abbayes limousines d'Ahun et de Meymac. Au XIIème siècle, l'observance bénédictine était suffisamment banalisée pour qu'une abbaye pût au besoin choisir un abbé dans une autre ; un culte imposant dans une église richement ornée était le fondement de cette observance.

 

(Source - Dom Jean BECQUET / La vie religieuse en Limousin aux XIIè et XIIIè siècles)

LE DIOCESE DE LIMOGES, le plus étendu du Royaume : élément d'unité et de stabilité,

 

Par opposition au morcellement des seigneuries laïques, le diocèse de Limoges conserve, aux XIème et XIIème siècles, son intégrité et ses limites définies au IVème siècle, qui sont quasimément les frontières du Limousin actuel. Il restera d'ailleurs, jusqu'à la Révolution, l'un des plus étendus de France, en dépit de l'établissement en 1317 d'un évêché à Tulle.

 

Au XIème et XIIème siècles, le réseau paroissial est parfaitement en place et ce ne sont, semble-t-il, que des nécessités de l'administration du diocèse qui ont poussé l'évêque, à partir du milieu du XIème siècle, à regrouper les paroisses à l'intérieur de circonscriptions nouvelles, les archiprêtrés.


Outre son rôle spirituel, l'évêque incarne alors une puissance féodale à l'égal de celle des vicomtes. Ce qui le distingue cependant est que ses fiefs, au lien d'être d'un seul tenant, sont disséminés dans le diocèse. Ainsi, Bas-Limousin, les princes doivent-ils tenir compte de ce seigneur ecclésiastique qui possède, entre d'autre lieux, Lagraulière, Malemort et Brive.

C'est d'ailleurs la double autorité spirituelle et temporelle qui donne aux évêques la possibilité d'intervenir dans la vie des seigneurs laïcs. En face de l'arbitraire féodal, l'institution ecclésiastique de la pax episcopi fait de l'évêque le reprsentant de l'ordre social.  Après avoir été le cadre, à l'occasion du "Mal des Ardents" en 994, d'un des premiers exemples de "Trêve de Dieu" en France, le diocèse de Limoges, en la personne de son évêque, intervient en plusieurs circonstances, durant le XIème et XIIème siècles, dans les domaines semblant relever des puissances laïques. Ainsi, au concile de Limoges de 1031, les chevaliers refusant d'assurer "paix et justice" sont-ils excommuniés.

 

C'est aussi l'époque où l'église, en renforçant la conscience chrétienne du chevalier, lui donne un rôle noble tout en se détournant des querelles privées. On saint, à ce sujet, l'importance du séjour du Pape Urbain II à Limoges à Noël 1095 et combien son appel pour la croisade fut entendu dans la région.

 

(Source - E. PROUST / La sculpture en Bas-Limousin)

DIOCESE DE LIMOGES ET LES CHANOINES

 

D'autres grandes églises du Limousin étaient desservies par des communautés de chanoines, en premier lieu la cathédrale dédiée au protomartyr saint Etienne ; ces chanoines suivaient les directives assez souples données jadis par les prélats carolingiens et leur empereur. A ces directives ralliées des communautés anciennes de moines, comme à Saint-Yrieix et à Saint-Junien, mais également les collégiales castrales du Dorat, de Lesterps et d'Eymoutiers, fondées vers l'an mil, tout comme les anciens sanctuaires de Saint-Martin de Brive, Saint-Léonard de Noblat et Evaux. Ces divers chapitres de chanoines pouvaient compter deux ou trois dizaines de membres et avaient, tout comme les abbayes, des dépendances rurales autour d'églises dont ils étaient les patrons ecclésiastiques plus ou moins rentés.

 

Mais dans la seconde moitié du XIème siècle, les consignes d'une réforme générale circulaient dans l'Occident latin ; le succès de cette réforme fut facilité par un essor démographique, par la consolodition des structures féodales et par un soutien direct du Siège romain et de ses légats. Des chapitres limousins marquèrent leur adhésion à la réforme en adoptant la règle de saint Augustin qui ajoutait, au célibat normal des clercs, une désappropriation individuelle de leurs bien contrôlée par la communauté locale ; ainsi en alla-t-il à Evaux et à Lesterps, à Brive et à Saint-Léonard, l'évêque intervenant parfois dans l'adoption de la règle nouvelle. D'autre part, la réformeinvitait les laïcs qui avaient la haute main sur des églises rurales et sur leurs revenus à s'en dessaisir au bénéfice des moines et des chanoines par l'intermédiaire de l'évêque ; ils le faisaient d'autant plus volontiers qu'ils pouvaient apprécier la moralité et le désintéressement des bénéficiaires. On vit alors se créer un peu partout de nouveaux chapitres de chanoines réguliers que les évêques dotèrent déglises restituées par les laïcs, églises qui relevaient directement de la responsabilité pastorale de ces chapitres et étaient pour eux une ressource de revenus. Cette incitation reçut un écho si favorable qu'au début du XIVème siècle il ne restait pratiquement plus d'église au pouvoir des laïcs en Limousin.

 

Un prêtre limousin avait fondé le prieuré du Chalard en 1088. Sans adopter comme lui la règle nouvelle, les chanoines de Saint-Junien et ceux de la cathédrale de Limoges établirent dans le même temps des chanoines réguliers aux Salles-Lavauguyon pour les premiers, à Bénévent et à Aureil pour les seconds. Aureil fut un réel succès : vers 1200, ce prieuré possèdait près de deux cents manuscrits. Une douzaine de chanoines y résidaient, ainsi que des enfants scolarisés, et Aureil pouvait envoyer des desservants dans une vingtaine d'églises paroissiales de sa dépendance. Bien entendu, les saintes gens qui avaient réformé ou fondé ces chapitres réguliers avaient reçu de l'évêque ou du pape les honneurs des autels : Gautier de Lesterps (1070), Geoffroy du Chalard (1125), Gaucher d'Aureil (1140) ; la châsse émaillée du Chalard témoigne ainsi d'un accroissement du trésor des reliques locales, réalisé à l'imitation des anciens sanctuaires at dans l'élan de piété envers un saint homme encore proche.

 

(Source - Dom Jean BECQUET / La vie religieuse en Limousin aux XIIè et XIIIè siècles)

DIOCESE DE LIMOGES ET NOUVEAUX ORDRES

 

Au cours du XIIème siècle, le Limousin connut l'essor étonnant de petites fraternités de clercs et de laïcs inspirées par de saints ermites et implantés dans des lieux écartés. Chacun de ces sites agrestes eut son église de facture sobre mais assez spacieuse pour accueillir éventuellement les voisins et amis : les frères de Grandmont et ceux de l'Artige eurent ainsi une quarantaine de maisons dans le diocèse. Plus encore que les Cisterciens, ces fraternités refusaient la responsabilité et les revenus des églises rurales : elles assuraient leur subsitence par le travail de la terre et les dons de leurs bienfaiteurs. Au début du XIIIème siècle, Grandmont avait essaimé dans une bonne centaine de fondations sur les domaines du Capétien Louis VII et du Plantagenêt Henri II, époux successifs d'Aliénor d'Aquitaine, et les délégués des frères se réunissaient chaque année au chef de l'Ordre dans les monts d'Ambazac.

 

(Source - Dom Jean BECQUET / La vie religieuse en Limousin aux XIIè et XIIIè siècles)

 

NAISSANCE DU DIOCESE DU TULLE

 

Le diocèse de Limoges était sous l'Ancien Régime l'un des plus vastes de France, puisque, jusqu'au XIVe siècle, il englobait approximativement les territoires des trois départements de l'actuelle région Limousin en y adjoignant les arrondissements de Nontron (Dordogne) et de Confolens (Charente). Quant à la création du diocèse de Tulle en 1317, elle ne lui enleva qu'une cinquantaine de paroisses sur un total de plus de neuf cents.

 

Jusqu'en 1317, année de la création par démembrement de l'évêché de Tulle, le Bas-Limousin était tout entier englobé dans le vaste ressort de l'évêché de Limoges. Dès lors et jusqu'à la Révolution, 52 paroisses – de la mouvance de l'abbaye Saint-Martin de Tulle et de la Xaintrie – ont composé le ressort du diocèse de Tulle créé par Jean XXII.

 

 

 

LES IMPLANTATIONS MONASTIQUES

 

La société monastique est une autre puisssance très importante dans le diocèse. Dès la fin du XIème siècle, elle se trouve en possession de la moitié des églises, soit un nombre bien supérieur à celui des églises détenues directement par l'évêque.

 

Or si l'on excepte le pôle qu'est l'abbaye de Saint-Martial de Limoges, on peut dire que c'est le Bas-Limousin qui apparaît comme la terre d'élection du monachisme dans le diocèse. En effet, il compte les prestigieuses abbayes bénédictines de Beaulieu, Tulle, Uzerche et Vigeois, fondées aux siècles précédents. Elles ont constitué d'immenses domaines dont rendent compte leurs cartulaires ; ces domaines vont assurer leur fortune pendant près de sept siècles. A la tête de nombreux prieurés, ces abbayes exercent un rayonnement dépassant souvent le cadre du diocèse. Ainsi la plus grande possessions de saint-Martin de Tulle et de Saint-Pierre de Beaulieu est localisé en Quercy, tandis que Saint-Pierre de Vigeois, pour sa part, possède des prieurés en Périgord.

 

(Source - E. PROUST / La sculpture en Bas-Limousin)

 

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