Fenêtres et baies limousines

Elément de décor, dont les particularités n'ont que peu dépassé les frontières du Limousin, les baies dites limousines témoignent d'une mode artistique des foyers de bâtisseurs. Elles sont à découvrir à la fois sur les grands édifices et sur certaines églises rurales.

 

On retrouve dans certains éléments de décor, un caractère propre à cette province du Limousin. En effet la fortune de la mouluration limousine, dans les paroisses campagnardes et les majestueux programmes, traduit bien une identique discrétion du goût : des colonnes logées dans les piédroits des ouvertures répondent à un ou plusieurs tores sous les cintres par l'intermédiaire de petits chapiteaux, soit sculptés, soit lisses et comme faits au tour.

 

D'innombrables fenêtres et portails admettent ce décor souple, strictement subordonné au cadre architectonique ; sa simplicité n'exclut pas la grâce, non plus que la fantaisie d'inspiration wisigothique et mozarabe.

 

(Source - Limousin roman / Edition Zodiaque)

La mouluration des baies s'inscrit dans un sytème d'animation des espaces et des volumes par le jeu sur les variations de plan et les réseaux d'arcatures, mais seules les fenêtres marquant un axe peuvent être qualifiées de "baies limousines" : la baie centrale de l'absidiole principale et les fenêtres de fond du transept.

 

Il s'agit alors d'instaurer une hiérarchie des ouvertures en les privilégiant par une mouluration plus raffinée que les autres. C'est là l'usage le plus commun, d'où la présence de ce décor à la seule baie d'axe dans de nombreuses églises rurales contemporaines alors que les autres  restent à simple ébrasement. Il s'agit donc d'un procédé plastique parmi tant d'autres dont savent parfaitement user les architectes de la région.

 

(Source - Limousin, pays et identités / PULIM)

Chevet de l'abbaye de Beaulieu-sur-Dordogne

Le trait le plus caractéristique, marque d'un véritable particularisme, est l'attachement à ce type de décor jusque tard aux XIIIème et XIVème siècles. Ainsi la baie limousine est-elle autant romane que gothique. Certes, une mutation est sensible.

 

A partir de 1180-1200, les moulurations s'amincissent, les ressauts se multiplient, ce qui accentue l'écriture graphique des ouvertures sur le mur. Les colonnettes sont parfois montées par assises solidaires de l'angle. Les chapiteaux à crochets ou les tailloirs complexes montrent une attention aux tendances contemporaines et forment des frises qui viennent interrompre le développement des lignes verticales. Le mur oriental de la chapelle Nord de la collégiale de Saint-Yriex ou encore le registre médian de la façade occidentale de l'abbatiale de Beaulieu montrent bien cette évolution.

 

(Source - Limousin, pays et identités / PULIM)

Chevet de l'abbaye de Chambon-sur-Vouieze

Quelques exemples de baies limousines

 
  • facebook-square
  • flickr-square
  • Twitter Square