Abbaye de La Souterraine

Au carrefour des grandes voies de communication de Lyon à Saintes et d'Argenton à Limoges, La Souterraine est incontournable.

 

En 997 ou 1015, le vicomte Géraud de Crozant  ( Gérald ou Herald, "Messager de Dieu"), comte de Crozant, vicomte de Bridiers, vassal du Duché d'Aquitaine, donne cette "Villa Sosterranea" à l'Abbaye Saint-Martial de Limoges. Les moines de Limoges érigent en cet endroit une prévôtée.

Suite à cette donation, on entreprend dès 1019 la construction de l'église, qui, commencée en style roman, sera terminée en 1220 en style gothique.

 

La reconstruction débuta donc au XIIème par les trois travées occidentales. En 1117, la croisée était inachevée. Malgré les sobsides d'Henri II roi d'Angleterre, le besoin d'argent provoqua un conflit entre les moines et la population. Le coupole du transept est posée en 1195.

Richard Coeur de Lion finança l'oeuvre des croisillons et du choeur, montés en 100 à1233, ainsi que le clocher. Celui-ci fut plusieurs fois foudroyé et réparé du XVème au XVIIème siècle.

 

 

 

 

Jusqu'au XVIème, la ville s'entoure progressivement de fossés et remparts. Des portes de l'enceinte, deux sont conservées: la porte Saint-Jean et la Porte du Puycharraud.

Au cours du XVIème, La Souterraine passe sous la dépendance administrative de la généralité de Limoges.

 

Au XIXème l'édifice subit l'indispensable mais trop radicale et parfois arbitraire restauration d'Abadie.

Au début du XIème siècle, la réalisation d'une grande église adoptant un plan en forme de croix lantine et incluant l'ancien sanctuaire dans un choeur à chevet plat est décidée : les ppremiers travaux qui ne concernent que la crypte sont réalisées entre 1017 et 1022.

La construction de l'église haute, entreprise dès le milieu du XIIème siècle se déroule en trois campagnes. Elle débute par l'élévation de la partie occidentale de l'édifice, se poursuit par l'élévation des troisième et quatrième travées de la nef, sur trois vaisseaux et prend fin avec l'édification de la partie orientale intégrant l'ancien sanctuaire. L'ensemble est semble-t-il consacré en 1220.

 

Face au refus des habitants de s'acquitter de la taille, les moines réguliers sont contraints de louer à des commerçants des emplacements sur le versant sud de l'église. Puis les concessions temporaires devinrent des ventes définitives et perpétuelles afin de permettre aux moines de subvenir à des besoins urgents.

 

Il est probable que la construction et l'entretien de l'église aient souffert d'un long contentieux entre les moines réguliers de l'abbaye de Saint-Martial deLimoges et la communauté de religieux séculiers qui assuraient le service paroissial dédié à Saint André.

 

Les bâtiments claustraux qui se situaient au nord de l'église furent détruits au moment des guerres de religion mais, en 1630, la salle capitulaire était encore présente. A la Révolution, l'église devient le "Temple de la Raison".

 

(Source - Patrimoine religieu - Pays Sostranien)
 

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La crypte de l'abbaye de La Souterraine

 

Etendue au XIIIème siècle sous le transept et le choeur, elle ouvre à l'ouest sur un énigmatique caveau (éventuellement un mausolée du premier âge chrétien du VIème siècle), où l'on note des murs en énormes blocs, à moulure de cordons convexes sous un berceau.

 

Vers l'Est, se trouvent isolés des parois, deux tronçons de colonnes antiques en granit, l'une ayant pour chapiteau une base retournée portant un arc en blocage avec amorces d'arcs latéraux, vers l'Ouest deux pilastres sous doubleau, d'aspect plus récent et un puit.

 

Dans le fond un passage étroit  débouche sur une sorte de vestibule où abouitssait un escalier : en haut des marches, on note une grande dalle funéraire avec une inscription païenne encastrée dans la muraille. Le tout est difficile à dater.

L'architecture de l'abbaye de La Souterraine

 

A la première travée de la nef, tout comme à Saint-Junien, au Dorat et à Bénévent, on retrouve une coupole sur pendentifs courbes avec arcades latérales extradossées et surmontées d'une petite ouverture.

Les collatéraux, très étroits, ont des fenêtres limousines, voûtées d'arêtes sur doubleaux. Ils épaulent le berceau brisé de la deuxième travée, dont les piles orientales n'ont une demi-colonne que vers la nef, chapiteaux et impostes restant identiques. Même type de supports au couple suivant, mais la troisième travée est voûtée d'ogives, ornées de boules ainsi que de formerets, portant sur le dosseret des piles romanes.

 

A l'Est de la quatrième travée, les supports logiquement conçus en fonction des ogives, ont une colonne dans leur direction.

 

Le mur méridional des troisième et quatrième travées est roman, mais les fenêtres n'ont qu'un ébrasement nu

 

Le transept et le choeur reçoivent une structure de type anglo-angevine.

 

Le bas de la facade rappelle le Dorat, massif rectangulaire à corniches et retraites, elle possède un portail sans trumeau, à intrados polylobé comme à Bénévent.

 

Sur le bas-côté Sud, se trouve des fenêtres limousines aux deux première travées, à la troisième une porte nue se place entre deux contreforts reliés par un arc brisé et une double corniche.
 

(Source - Limousin roman / Editions Zodiaque)

Du roman au gothique

 

L'église Notre Dame est un édifice composite ; l'absence d'unité architecturale est le reflet de l'évolution des styles de construction de l'époque. Laes influences de l'édifice sostranien sont donc romanes dans les premiers temps de son élévation, sur les deux premières travées de la nef, voûtées en berceau pour très vite profiter des prouesses architecturales favorisées par la croisée d'ogives, propre au style gothique alors naissant, sur les trois travées suivantes.

Plusieurs campagnes de construction sont nécessaires à l'élévation du clocher : au début du XIIIème siècle sortent de terre le rez de chaussée, le portail ouest et le premier étage décoré d'un arc de décharge légèrement brisé. Au milieu du XIIIème siècle on élève les deux étages suivants, le premier est ouvert sur ses quatre faces de deux baies géminées, encore en plein-cintre, le deuxième est flanqué aux angles de tourelles et décoré d'une armature aveugle au dessin légèrement gothique.

Un effondrement qui affecte pratiquement la moitié orientale du clocher nécessite une reconstruction entre 1497 et 1506 qui se distingue par les baiesen arc brisé et le décor gothique rayonnant puis flamboyant qui orne le sommet de  la tour. En 1604 une autre campagne de restauration consécutive à la foudre, est menée sur l'angle nord-ouest.

 

Au XIXème siècle Paul Abadie mène de nouvelles restaurations ainsi que des modifications radicales (voûtement, couverture, choeur et pignons ...) au cours desquelles les deux tourelles qui surmontent le portail occidental sont ajoutées.
 

 

(Source - Patrimoine religieux - Pays Sostranien)

LA SCULPTURE

 

L'abbaye de La Souterraine conserve deux chapiteaux historiés unique en Haut-Limousin.

 

Un des chapiteaux représente l'annonciation à la Vierge qui écarte les mains en signe d'acceptation.

La Vierge se trouve sous arcade comme dans les enluminure.

L'autre chapiteau nous présente la scène de la visitation.

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