Chateaux, donjons et vicomtés

Avec près d'une douzaine de cas, le Limousin est indéniablement une terre de vicomtés. Cette profusion dans les trois départements qui correspondent autant à l'ancien diocèse de Limoges qu'au comté carolingien de Limoges rend l'enquête passionnante mais difficile, car les premières générations restent présentées de manière souvent sybilline.

 

Après la nomination du vicomte "du Limousin" à la fin du IXème siècle et de son probable pendant méridional de Tulle, la prolifération des autres vicomtes limousines couvre deux siècles, entre le début du Xème et le XIIème siècle, si l'on écarte le cas particulier de Bridiers.

 

Entre ces dizaines de lignages, de nombreux points de convergence existent.

Les vicomtes de Limoges ont donné naissance aux Rochechouart et aux Brosse. Les Comborn ont généré les Ventadour. Les Aubusson sont sûrement à l'origine des Gimel et les vicomtes de Tulle à l'origine des Turenne. Ces derniers créent probablement les Ribérac.

 

Au Xème siècle, les vicomtes de Limoges, d'Aubusson, Adhémar de Tulle et peut être Archambaud de Comborn se prétendent parents ... Pour Bernadette BARRIERE, la création des vicomtes limousins à partir de 930 fut entièrement à l'initative des comtes Poitevins et ce afin de parcelliser la puissance des vicomtes de Limoges.

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Les vicomtés du Limousin au XVe siècle

Le Limousin est connu pour être une terre de vicomtes. L’origine de ces grandes lignées prétendant exercer des prérogatives d’origine régalienne et leurs degrés de parenté restent toujours en débat.

 

Toutes ces grandes familles vicomtales (Limoges, Turenne, Comborn, Ventadour, Aubusson, Brosse, Rochechouart), auxquelles on peut associer les comtes de la Marche qui, contrairement à ce que leur titre pourrait laisser croire, ne sont pas plus « légitimes » que leurs homologues de rang vicomtal, ont en commun de contrôler plusieurs forteresses. Bien sûr, toutes ces familles s’identifient d’abord à un site castral, souvent éponyme : c’est le cas des Aubusson, des Brosse, des Comborn, des Ségur, des Turenne, des Ventadour. Seuls les vicomtes de Limoges et les comtes de la Marche ne semblent pas associer leur autorité à un site fortifié emblématique : Limoges n’est pas (plus ?) la résidence privilégiée des vicomtes à partir du XIIe siècle et les comtes de la Marche, quoique tenus pour originaires de Charroux, ne semblent pas y demeurer particulièrement.

 

Ces pouvoirs vicomtaux, comme c’est souvent le cas au Moyen Âge, expriment leur légitimité et leur prestige par un prénom récurrent (le nomen) et par la qualité de « vicomte » (vicecomes) dont ils apparaissent gratifiés dans les sources. Avant le XIIe siècle et souvent la seconde moitié de ce siècle, les mentions « vicomte de tel château » n’existent pas et les successions, de génération en génération, ne se décèlent que par le recours aux mêmes nomina : Ebles pour les Ventadour, Archambaud pour les Comborn ou Raymond pour les Turenne. Les mentions « vicecomes loci » ne se généralisent qu’à l’époque où les autres lignages, non vicomtaux, s’identifient explicitement à un site castral. Cette association « officielle » des lignées vicomtales à un site castral éponyme proclame alors explicitement le lien unissant la famille à son château, à un lieu donc, à défaut d’un espace délimité.

 

(Source - L’ancrage territorial de l’aristocratie limousine (XIe-XVIe siècles) : quelques réflexions / Christian REMY)

La pérennisation des titres vicomtaux  limousins est donc forte, en dépits des nombreux aléas que traversent les lignages tout au long du Moyen Age : la famille de Tulle disparaît en effet des textes en 930, celle de Ségur autour de l'an Mil, les Gimel vers 1200 et les vicomtes d'Aubusson vers 1260. Plusieurs vicomtés connaissent par ailleurs des changements dynastiques : Limoges passe aux Comborn en 1148, puis aux Ducs de Bretagne en 1277, Turenne change de main entre 980 et 1059, puis entre 1304 et 1350, c'est égelement le cas de Ventadour en 1480, de Rochechouart en 1480 et de Comborn en 1368 puis en 1500.

 

(Source - Didier DELHOUME et Christian REMY / Le Phénomène vicomtal en Limousin  IXème XVème siècle)

Crozant

Aubusson

Malval

Le "temps du castrum" nous plonge au coeur du Limousin médiéval encore largement méconnu. Les châteaux forment alors de grands ensembles complexes réunissant souvent plusieurs co-seigneurs et leurs chevaliers.

Du haut de leurs donjons à contreforts, de leurs mottes et de leurs enceintes, ces hommes de guerre constituent rapidement de véritables lignages et étendent leur domination aux territoires, aux hommes et à leurs activités, favorisant la création de nouveaux pôles de peuplement.

 

De nombreux bourgs actuels puisent là leur origine un habitat qui s'articulait autour du château. Autour de ces grands ensembles castraux, souvent tenus par les familles vicomtales ou baronniales, les Aubusson, les Comborn, les Lastours, émerge aussi un véritable réseau de maisons-fortes, à la fois verrous de points sensibles et résidences champêtres de petits chevaliers, que l'on dénomme alors repaires ou hébergements nobles.

 

La naissance du château moderne met en évidence la grande mue que connaissent les anciens sites fortifiés à la fin du Moyen Âge : les chevaliers quittent la promiscuité des enclos castraux pour s'établir dans des repaires et des manoirs. Ces résidences, générallement aux champs, sont allègrement rebâties et deviennenet le nouveau creuset de lignage.

 

La période allant du XIVe-XVIIe siècle apparaît ainsi comme un véritable âge d'or du château-fort, témoins du sentiment d'insécurité : le paysage monumental encore visible de nos jours se met en place, pour l'essentiel, à partir de la guerre de Cent ans et les éléments défensifs perdurent au-delà des guerres de Religion.

 

Christian REMY

Pour plus d'info ...

Le phénomène vicomtal en Limousin du IXème au XIVème siècles

MOTTES FEODALES

Premier symbole du pouvoir d'un seigneur, les mottes féodales du Xème au XIIème siècle ont laissé de nombreux témoignages en Limousin.

Voici quelques exemples de mottes féodales visibles encore aujourd'hui.

LE COEUR DES MOTTES
Pour stabiliser les mottes et éviter les affaiblissements, les constructeurs en durcissaient le noyau par la technique de la vitrification. A la Tour-Saint-Austrille, à Chirouze, à Montbrun et Bré, l'érection de chaque motte a été précédée par la constitution d'un caisson coffré rempli de matériaux divers (pierres, pièces métalliques, bois, argiles). Par l'incendie provoqué volontairement, l'ensemble a ensuite formé un agrégat compact constituant l'armature interne. Ensuite, des couches de pierres et de terre ont été ajoutées pour envelopper ce noyau vitrifié. Ainsi l'édifice  qui était bâti au sommet de la motte subissait moins les effets de tassement des matériaux accumulés.

 

(Source - Christian REMY / Seigneuries et Châteaux Forts en Limousin)

TOUR, TURRIS OU DONJON

Symbole de la puissance du seigneur et de l'ordre féodal, la tour est le point central de toute élévation de fortifications. Plus qu'un lieu de véritables combats, c'est avant tout un lieu de protection et de défense. 

 

Le noyau seigneurial est généralement bien individualisé. Délimité par un fossé et par une enceinte, il concentre les édifices de pouvoir, à commencer par la tour-maîtresse (la turris ou magna turris), qu'on appelle aujourd'hui plus couramment "le donjon" et qui en est la structure la mieux identifiable. Cette tour exprimait, par sa hauteur et par sa masse, le pouvoir de commandement exercé par le seigneur sur un territoire (la châtellenie) et sur les hommes qui y vivaient. Symbole par exellence de l'autorité du seigneur, cette tour était rendable, c'est à dire qu'elle devait être cédée au suzerain à chaque injonction de ce dernier, comme en cas de guerre ou suite à la prestation d'hommage.

 

La deuxième composante de ce noyau seigneurial qui jouxte généralement la tour est la grande salle (aula ou sala). Il s'agit de la plus grande pièce de la résidence du seigneur dans laquelle celui-ci pouvait organiser les réceptions et réunir une assemblée.

 

Sous le contrôle immédiat de ce noyau seigneurial se développait un second encore plus vaste et destiné à accueillir "les logements de fonction" des compagnons d'armes du seigneur, ces chevaliers du castrum que les textes appellent milites castri. A Treignac, cet enclos artistocratique était appelé "la Basse Cour". Les hôtels nobiliaires étainet des unités plus ou moins autonomes, composées d'une maison, éventuellement d'une tour le long de l'enceinte, d'annexes comme les écuries ou grange.

 

(Source - Christian REMY / Seigneuries et Châteaux Forts en Limousin)

 

CASTRUM OU CHATEAU

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Un castrum limousin au XIIIe siècle est un ensemble complexe, ressemblant davantage à une agglomération fortifiée. On peut esquisser – schématiquement – quelques tendances de fond.

On distingue d’abord un enclos seigneurial comprenant une tour-maîtresse (le « donjon »), une grande salle (pour la justice et les réunions publiques), le logement du seigneur et de sa famille, parfois une chapelle. Ce premier réduit commandait un second enclos, plus gros, comprenant les résidences des chevaliers qui participaient à la défense du site. Chaque chevalier disposait d’un logement (« de fonction »), souvent constitué d’une tour, d’une cour, d’annexes.

 

Ces maisons de chevaliers se répartissaient le plus souvent le long de l’enclos. Chaque portion de l’enceinte était ainsi défendue par un chevalier et les siens. Parfois, on y trouvait aussi une chapelle. Ces deux entités aristocratiques – constituant le castrum proprement dit – dominaient souvent un habitat non-noble subordonné : on parle de bourg castral car la naissance et le développement de cette agglomération « villageoise » ont été voulues par les habitants du castrum. Cette troisième entité est parfois fortifiée et comprend presque toujours des faubourgs.

 

Le résultat donne un ensemble fortifié très hétérogène, chaque résidence de chevalier jouissant d’une certaine autonomie, parfois d’une poterne séparée pour accéder librement aux jardins et vergers situés autour du site fortifié.La situation était souvent compliquée par le phénomène de la coseigneurie. Les droits seigneuriaux, donc la jouissance de la tour-maîtresse, étaient partagés en autant de parts que de coseigneurs (on pouvait être coseigneur pour 1/4e, 1/8e ou 1/32e).

 

L'exemple du chateau de Châlucet n’échappait pas à cette tendance : au XIIIe siècle, les Jaunhac partageaient la direction de la seigneurie avec les Bernard, les Périgord, les Montcocu. L’exemple limousin sans doute le plus évocateur de cette réalité de la coseigneurie et de la fragmentation de la défense reste le castrum de Merle (dont beaucoup de bâtiments datent des XIVe et XVe siècles mais dont la structure d’ensemble n’a pas été remodelée).

 

En tout cas, on n’a pas, au XIIIe siècle en Limousin, de forteresse au tracé géométrique, régulièrement flanquée de tours rondes, munies d’archères, et dont le seigneur contrôle totalement la défense. Les seigneurs limousins devaient composer avec leurs chevaliers. On ne peut guère qu’évoquer le cas isolé d’Excideuil où le vicomte a tenté de mettre de l’ordre dans l’organisation de la défense et a contraint les chevaliers à rebâtir un certain nombre de maisons selon une sorte de « plan d’alignement des façades ». Mais ni à Aixe, ni à Ségur, ils ne sont parvenus à rationaliser la défense.

Castrum des Tours de Merle

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LE LIMOUSIN DES GRANDES PRINCIPAUTES

 

Au XIème siècle, le Limousin est partagé entre plusieurs grandes principautés et, depuis le comté carolingien dont les limites se confondaient avec celle du diocèse, la fragmentation s'est avérée particulièrement poussée. Néanmoins, toutes ces entités se situent dans la mouvance des comtes de Poitiers qui ont su, au cours du Xème, faire entrer un grand nombre de comtes et de vicomtes de la France du Centre-Ouest sous leur autorité de "ducs d'Aquitaine". En outre, plusieurs de ces vicomtes - les Aubusson, les Ségur, les Comborn, les Ventadour, puis les Rochechouart - sont issus des Limoges.

 

On trouve aussi, au cours du XIIème siècle, certaines mentions occasionnelles de vicomtes inédits, comme à Gimel par exemple. Il ne s'agit pas de nouvelles créations, mais de cadets de grandes familles vicomtales apanagés dans un castrum qui se parent du titre de vicomte de leur château par leur ascendance et non par leurs prégoratives. Bridiers, site éponyme d'une petite vicomté constituée formellement au cours du XIIème siècle seulement pour un cadet des vicomtes berrichons de Brosse, est la seule exception.

 

En plus des grandes entités, il y a les "princes", ces grandes familles baronniales qui tiennent de nombreux biens, en partie allodiaux, et qui figurent parmi les tout premiers témoins des familles vicomtales, mais ne portent pas de titre. On les appelle souvent "princeps de tel château" : les Lastours, les Chabanais, les Laron, les Malmort.

 

De même, il ne faut pas oublier les prélats et, en premier lieu, l'évêque qui dispose d'un episopium substanciel. Ce domaine épiscopal sur lequel il "règne" en seigneur ne le distingue pas des autres potentats. Il y possède des châteaux qu'il confie à des chevaliers vassaux. Les origines de cet episopium ne sont pas clairement établies et l'on ne mesure pas bien si les évêques de Limoges ont suscité la création de castra ou s'il se sont contentés d'en prendre le contrôle. En tout cas, dès le XIème siècle, les évêques sont maîtres de la Cité, l'ancien chef-lieu de la civitas du Limousin, fortifiée depuis le IVème siècle. Ils contrôlent aussi les domaines constitués autour de Saint-Junien, d'Eymoutiers, de Chateauneuf, de Laurière, de Razès, de Nieul et de Noblat, il se font reconnaître suzerains des castra d'Alassac, de Donzenac et de Voutezac et, vers 1210 seulement de Malmort.

 

D'autres religieux possèdent des sites castraux, mais pas directement, et se contentent de les inféoder à de puissants laïcs capables de les tenir. Ainsi l'évêque d'Angoulême est reconnu par les vicomtes de Limoges, au XIIIème sicèle en tout cas, sur un grand nombre de leurs forteresses du Périgord spetentrional comme Ayen, Yssandon, Ans ... Quelques prestigieux établissements religieux exercent égelement une tutelle féodale sur des domaines plus ou moins étendus et sur certains châteaux. Ainsi l'abbaye de Beaulieu exerce sa suzeraineté sur Cavagnac, l'abbaye de Saint-Martial sur la motte vicomtale de Limoges, sur Pierre-Buffière, Château-Chervix et Chambon-sur-Vouieze, Saint-Pierre de Solignac sur Margerides, Beauvais, Curemonte, Aixe, Terrasson et Larche, Saint-Martin de Tulle sur Monceaux, le chapitre de Saint-Yrieix est reconnu suzerain des châteaux de Châlus, de Ségur et de Courbefy.

 

(Source - Christian REMY / Seigneuries et Châteaux Forts en Limousin)

DEFINITION DU CHATEAU

Ce que nous appelons aujourd'hui, et depuis le XIVème siècle, un "château" ne correspond absolument pas à ce que les textes médiévaux antérieurs à la guerre de Cent ans nommaient castrum. Ce terme désignait, en effet, une véritable agglomération composée de différents habitats : la résidence seigneuriale, les hôtels des chevaliers du seigneur, les maisons des autres résidents du village castral. En clair, castrum avait un sens bien plus large que celui que recouvre aujourdh'ui le mot, très restrictif, de "château". Ce n'est que dans le courant du XIIIème et surtout XIVème siècle que l'on observe le glissement sémantique. Le castrum est réservé uniquement à l'habitat nobiliaire, c'est à dire à la résidence seigneuriale et à sa basse cour aristocratique, par opposition au bourg que l'on appelle plus fréquemment "villa" comme à Donzenac en 1270.

 

(Source - Christian REMY / Seigneuries et Châteaux Forts en Limousin)

Carte schématique de l'implantation des principautés limousines au XIIIème siècle et de quelques castra majeurs

(Chistian REMY)

Armoiries des Comborn

Castrum de Chateau-Chervix

Castrum des Tours de Merle

Château de Châlucet de Gérald de Maulmont 

 CASTRUM ET CO-SEIGNEURIE

 

A Noblat, quoique seigneur éminent du castrum puisque ses partiaires lui devaient hommage, l'évêque n'était que médiocrement le maître : il devait partager avec trois autres co-seigneurs la jouissance de la tour-maîtresse à raison d'un trimestre pchacun. D'ailleurs lorsqu'il se rendait sur les lieux, il résidait dans son palais de Saint-Léonard et non dans le castrum alors qu'il y possédait un hôtel particulier, voisin du repaire des Marchès. Le même phénomène s'observe à Allassac, où l'évêque est l'un des six co-seigneurs, mais les cinq autres, y compris les Comborn, doivent lui prêter hommage. Il y possède une aula mais on n'a pas de mention de tour-maîtresse hormis celle des Comborn, qui n'était rendable qu'occasionnellement. Le même système de gestion saisionnière est attesté à Pierre-Buffière où, en 1117, sous l'autorité du vicomte de Limoges, la turris revient pour six mois au lignage de Pierre-Buffière, pour trois mois aux Jaunhac et trois aux Lastours. A Merle aussi, en 1370 les Carbonnières, quoique suzerains du site, ne possèdent , en indivision avec les Pesteils, qu'un huitième des droits, partagés avec leurs parsonniers, les Merle et les Veyrac.

 

Si parfois les relations entre les seigneurs partiaires sont mauvaises, souvent les co-seigneurs parviennent à s'entendre pour mutualiser leurs droits : à Allasac,  en 1317, les six co-seigneurs nomment un juge commun, le jurispérite Pierre Rigaud. A Lastours, les trois co-seigneurs pourtant nettement disjoints, s'entendent pour établir un seul sceau de validation, et ce "juge de la cour des seigneurs de Lastours", bientôt dénommé "juge et sénéchal", chargé de valider les actes notariés de la châtellenie et eput être de tenir les assises, est signalé à partir de 1326. Mais le but de tout co-seigneur reste de réunir l'intégralité des droits entre ses mains. A Pierre-Buffière, la co-seigneurie disparaît autour de 1200, à Chalucet vers 1270, par l'action de Géraud de Maulmont. A Aixe, des co-seigneurs sont encore attestés à la fin du XIIIème siècle, mais les vicomtes de Limoges disposent de la place dpuis plus d'un siècle. Dans le castrum de Tulle, ancienne base du vicomte "des Echelles", pluieurs familles de chevaliers se partagent les droits. Dans le troisième quart du XIIIème siècle, Pierre, abbé du proche monastère Saint-Martin, rachète l'ensemble portion par portion : le péage, la tour et la salle de la Motte, la tour des Chanac et les autres hôtels. A la fin du siècle il est parvenu à concentrer tous les droits seigneuriaux sur la ville et sur l'enclos castral, abandonné dès lors par les anciennes familles de chevaliers.

 

Cette politique de reconcentration des parts se remarque aussi dans le castrum de Noblat, dans la seconde moitié du XIIIème siècle, au bénéfice de l'évêque de Limoges qui raffermit son autorité sur la milicia du site et interdit à la principale famille de châtelains voisins, les Châteauneuf, d'accroître ses droits dans l'enclos ou d'y bâtir retranchements ou tours.

Prenons encore le cas de Montbrun. Les Brun y tiennent la part majeure (attestée comme telle en 1328) et leurs co-seingeurs sont des familles alliées : Aymeric d'Aixe et Hélie de la Brande dès 1270, qui transmettent leurs droits à Aymeric de Lobestor et à ce Raymond Extranei qu'il faut traduire par "l'étranger". En 1348, Gui Brun dévaste le "château" de son voisin Jean de Lobestor, composé d'une aula, d'une tour et d'autres édifices. Suite à son procès, ce sont les Hélie de Pompadour qui reprennent la part des Lobestor et il faut attendre un mariage entre Brun et Pompadour, en 1388, por assister à a réunification des parts entre les mains des Brun, lesquels vont bientôt s'appeler "Montbrun".

 

(Source - Christian REMY / Seigneuries et Châteaux Forts en Limousin)

 
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