Tours de Bridiers

Le château fort était le siège de la seigneurie de Bridiers, relevant à l’ origine du comté de Poitiers ; c’est vers le milieu du Xème siècle qu’est mentionnée pour la première fois cette modeste châtellenie qui deviendra rapidement une des cinq grandes vicomtés du Limousin (elle accèdera au titre de vicomté au XIIème siècle).

 

Vers la fin du XIIème siècle, une première tour aurait été construite sur le site actuel ; elle remplacera progressivement, comme siège de la vicomté, les anciennes mottes de « Las Tours » (à quelques centaines de mètres plus à l’est) ; dans ses « Chroniques de Saint-Martial » de Limoges, Bernard Itier relate que la tour de Bridiers s’écroula en 1202.

 

Elle semble avoir été reconstruite aux 13e et 14e siècles. L’enceinte actuelle, dont l’appareil et l’épaisseur varient, a été réalisée en plusieurs fois.

Plan et reconstitution du château imaginés par A. Mazet en 1890. La partie en noir était ce qui restait en 1890. Notez une erreur dans cette reconstitution, la petite tour la plus à gauche n'existe pas.

Copyright photo Olivier Chateauneuf

Située sur une butte cernée de terres marécageuses, la tour de Bridiers semble dater de la fin du XIIe siècle. Ancien siège fortifié de la vicomté de Bridiers, au XIIIème siècle, le site est inoccupé et laissé à l’abandon pendant près de deux siècles (aux XVème et XVIème siècles) et subit alors de nombreuses dégradations. Classé au titre des Monuments Historiques depuis 1968, les premiers travaux de consolidation de la tour sont entrepris en 1982 et sont suivis de travaux de fouilles.

 

Aujourd’hui le site présente une enceinte pentagonale renforcée de trois tours d’angle et un donjon circulaire large de 20m sur une hauteur de 30m. Le donjon abrite une cave semi enterrée et trois étages dont le dernier, à ciel ouvert (un plancher de verre a été édifié en 2007), offre un panorama exceptionnel. Les parties hautes du donjon (charpente et couverture) furent reconstruites, voûtées et ornées de quatre gargouilles en 1655.

 

En sous-sol, la cave, éclairée par deux soupiraux et recouverte de terre battue, est aménagée d’un puits de 14m de profondeur. L’éclairage du 1er  niveau se fait par deux fenêtres équipées d’une traverse et de profondes embrasures agrémentées de coussièges. Une cheminée non saillante ornée de moulures occupe la partie Est de la pièce. A sa droite se trouve une porte menant aux anciennes latrines. Le plafond est formé d’une voûte d’ogive sexpartite. Les 2e et 3e étages ont la même disposition que le 1er étage. Le 2e étage est couvert d’un plafond et le 3e d’une voûte.

Dans la basse-cour les travaux de fouilles ont permis de mettre à jour une écurie et des fours.

Pour plus d'info ...

Le privilège du marché de Bridiers, de 1401

 

Les Archives départementales de la Creuse mettent en ligne des documents importants dans l'histoire du commerce dans la Creuse : le privilège royal permettant à Guillaume II de Naillac de fonder un marché à Bridiers, près de la Souterraine, en 1401.

Description du Château

 

Situé sur une butte à pentes escarpées et entourée de marécages, le château fort de Bridiers se compose d'une enceinte pentagonale, renforcée de trois tours d'angle et d'un imposant donjon circulaire nommée la tour de Bridiers. Le donjon actuel fut construit au 13° siècle après l’écroulement d’un précédent en 1202.

 

 Cette tour-donjon circulaire talutée fait près de 20 m de diamètre extérieur à la base du talus, pour 17 m à partir du 1° étage, et environ 9 m de diamètre intérieur. Elle s'élève sur près de 25 m de haut. Elle est constituée d’une cave semi enterrée et de 3 étages : du 1° ne subsiste que deux grosses poutres plancher, le 2° est accessible, et un plancher en verre à été édifié en 2007 pour permettre l’accès au sommet et la conservation des étages inférieurs. Les étages sont accessibles par un escalier en vis en pierre.

 

L'accès à la tour se fait par un escalier extérieur droit en pierre, reconstitué en 2007 aboutissant à un petit pont-levis à flèche au niveau de la porte d'entrée, au premier étage.


 

A Bridiers, dans la première moitié du XVe siècle, le pont-levis du donjon donnait sur un couloir d'accès à la chambre, lequel donnait également sur la vis logée juste à côté. A Lastours, lorsque le donjon est restauré - et presque totalement reconstruit - dans la seconde moitié du XVe siècle, on imbrique bien l'accès et la vis.

Mais, outre le fait que la cage d'escalier n'a que 2 mètres de diamètre, il convient de préciser que la porte était simplement constituée d'un vantail barré. L'encastrement de tablier prévu sur le parement extérieur de la tour est dénué de fonction : il n 'y avait aucun pont-levis .

 

On peut imaginer que le concepteur fut un marchois car le principe de la grosse tour résidentielle, isolée du château, apparaît assez fréquemment dans la région . On en trouve divers exemples circulaires à la Côte-au-Chapt, à Châteaubrun, à la Tour-Gazeau, à Bois- Lamy ou encore à la tour « Zizim » de Bourganeuf, et quadrangulaires au Ris-Chauveron, à la Perrière, à Crozant .

 

Loubignac semble plus particulièrement inspiré de Bridiers. Il lui emprunte le plan, l'organisation interne - chambre majeure chauffée et éclairée, alcôve et latrine -, le pont-levis à bras et la vis. Dans les deux cas, la tour semble avoir été réalisée d'un seul jet, sans relation de chantier avec le reste du château. Ainsi, et toujours dans les deux cas, on ne discerne nulle trace d'accrochage des courtines sur le parement des tours.

 

Si Bridiers est sans nul doute le produit de Guillaume de Naillac, autour de 1400, ou de Jean de Naillac, sénéchal du Limousin et panetier de France, vicomte de Bridiers dans le premier tiers du XVème siècle, Loubignac semble plus tardif. On peut l'attribuer à la seconde moitié de ce siècle, c'est-à-dire à Pierre († 1491) ou à Bernard Barton de Montbas († 1530 ca).

 

(Source - Repentirs autour de la vis du donjon Par Christian REMY)

Installé sur une butte aux pentes relativement escarpées et cernées de terres marécageuses (éperon barré), le château fort se compose d’une enceinte pentagonale, renforcée de trois tours d’angle et d’ un fort donjon circulaire. Les récents travaux de dégagement de l’enceinte corroborent l’information donnée par le plan cadastral de 1825, à savoir qu’il n’ y a réellement que trois tours d’angle (en dehors du donjon) , et non quatre comme le proposait A. Mazet dans son plan de restitution dressé en 1880, repris par la monographie de R. Chatreix. Bien que démolie, la porte d’accès à la basse-cour a pu être partiellement rematérialisée à son emplacement précis, à l’ouest du donjon ; les documents du 19e siècle montrent que son ouverture, voûtée et cintrée, mesurait trois mètres de largeur et qu’elle était surmontée de mâchicoulis. L’accès à la tour se faisait par un escalier droit en pierre, extérieur, situé au pied nord de la tour, et par un petit pont-levis à flèche (disparu) aboutissant au niveau de la porte d’entrée, au premier étage.

Malgré les effondrements divers, la structure du donjon reste encore lisible : c’ est une tour circulaire talutée (près de 20 m de diamètre extérieur à la base du talus, 17 m à partir du 1er étage et de 8, 5 m à 9, 5 m de diamètre intérieur selon les niveaux) ; s’élevant sur 24,6 m de haut, de la base du talus à l’arase actuelle des murs, elle comporte une cave semi enterrée (ou étage de soubassement) et 3 étages dont les 2 derniers sont à ciel ouvert. Dans la cave, au sol en terre battue, éclairée par deux soupiraux en abat-jour, a été découvert en 1964 un puits de 14 m de profondeur et 1,2 m de diamètre intérieur. Le sol du 1er étage était en plancher recouvert d’ un terradis et de tomettes en terre cuite ; aujourd’ hui effondré, il n’en subsiste que les deux fortes poutres qui supportaient les solives ; l’espace intérieur de ce 1er étage est principalement occupé par une grande salle hexagonale couverte par une voûte d’ogive sexpartite avec une clef de voûte sans décor ; les nervures chanfreinées reposent sur des culots à trois pans se terminant en pointe. La salle est éclairée par deux fenêtres à profonde embrasure partiellement meublée de coussièges ; les fenêtres sont équipées d’un simple meneau horizontal ; dans l’ébrasement sud de la fenêtre sud-ouest, une porte conduit à un réduit ménagé dans l’épaisseur de la muraille et percé d’une petite baie d’où l’on pouvait surveiller la porte d’ entrée du château fort. Sur le côté est de la salle se trouve une cheminée, non saillante, à manteau segmentaire ; les piédroits et le manteau sont ornés de moulures. A droite de la cheminée, une porte mène à un réduit abritant les latrines ; un important collecteur, également ménagé dans l’épaisseur de la muraille, occupe toute la hauteur de l’ édifice, son évacuation passant sous le mur de la tour. Les 2e et 3e étages présentent les mêmes dispositions que le 1er étage ; le deuxième était couvert par un plafond et le troisième par une voûte ; leurs cheminées, détruites, étaient à manteau droit. Ces étages étaient distribués par un escalier en vis en pierre (2, 5 m de diamètre intérieur) partant du couloir d’accès à la grande salle du 1er étage ; mais les marches formant noyau sont écroulées en plusieurs endroits. En face de cet escalier, un autre escalier, coudé, descend vers la cave.
Les travaux de dégagement de la basse-cour ont permis de localiser dans l’ angle nord-ouest des fours et une écurie.

Les mottes féodales du vieux Bridiers

 

 

Que sont les deux mottes situées dans le vieux Bridiers que les gens nomment les tumulus ? Voici ci-dessous la description qu’en fait l’Inventaire général du patrimoine culturel en 1997.

 

Les deux mottes, situées dans un secteur appelé Las Tours, placées en lisière des vestiges d’une agglomération datant de l’époque romaine, correspondent au plus ancien emplacement de Bridiers, chef-lieu d’ une importante châtellenie médiévale. Une famille du nom est attestée par les textes d’archives dès le 11e siècle. Le château de Bridiers est cité par le chroniqueur Geoffroy de Vigeois dans une anecdote relative à un événement légèrement antérieur à 1140. Le « Castrum » qu’évoque alors Geoffroy de Vigeois dans ses chroniques n’est autre qu’une tour sur motte, c’est à dire la forme la plus ancienne du château, apparue au cours du 10e siècle et largement répandue en France comme dans l’Europe entière du 11e au 12e siècle.

 

La toponymie Las Tours et les vestiges subsistants témoignent de l’édification de deux mottes jumelles et d’une basse-cour. Elle reflète l’importance de cette châtellenie, qui devint au 12e siècle le siège d’une modeste vicomté, dans la mouvance des ducs d’ Aquitaine. Probablement au 14e siècle, mais peut-être dès le 13e siècle, un nouveau château, en pierre, est érigé à moins d’ un kilomètre au sud-ouest des mottes de Las Tours. On ignore encore à quel moment les mottes castrales furent abandonnées définitivement pour le château de Bridiers.

 

Il est possible que le château et les mottes, pouvant faire office de défenses complémentaires, aient été occupés simultanément durant une période de temps difficile à estimer.Implanté sur un plateau, à proximité d’ un carrefour ancien, le site de Las Tours est constitué de cinq éléments : deux tertres, un enclos (ou basse-cour) , et deux lignes de défense. A l’est, un premier ensemble est composé d’une motte et d’une basse-cour défendues par un large fossé, lui-même renforcé par un rempart ou un talus. La motte, de forme ovalaire, atteint une hauteur de 7 à 8 m. La plate-forme sommitale mesure 5 m sur 15 m tandis que la base de la motte mesure 45 m sur 35 à 40 m. Attenant directement au pied du flanc occidental de la motte, la basse-cour, un replat plus ou moins rectangulaire, se développe sur une longueur variant entre 50 et 70 m et sur une largeur d’ environs 35 m. Sa hauteur oscille du sud au nord de 4 à 6 m. Elle supporte aujourd’hui une ferme et des bâtiments agricoles. L’ensemble est défendu par un fossé, large de 10 à 15 m, renforcé par un rempart d’ environs 3 m de large, bien conservé dans sa partie septentrionale. A l’origine ce fossé devait être rempli d’eau, alimenté par une source captée et maçonnée, se trouvant au pied du talus du rempart.

 

A l’ouest, contigu au premier ensemble, un second ensemble est constitué d’une motte et d’une ligne de défense. Cette motte a une forme plus circulaire et atteint une hauteur de 10 m. Le diamètre à son sommet est d’une vingtaine de mètres, alors que celui de la base mesure environs 60 m. La défense en est assurée par deux fossés concentriques d’une dizaine de mètre en largeur, séparés par un rempart intermédiaire de 5 m de large. Conservé au nord, à l’est et au sud-est, ce rempart est, dans sa partie orientale, commun au deux ensembles fortifiés.

  • facebook-square
  • flickr-square
  • Twitter Square