Château de Ventadour

Jusqu’aux fouilles de R. Joudoux, dans les années 1970, le château de Ventadour n’était connu que par la renommée du célèbre troubadour Bernard de Ventadour (v.1145 – v. 1200).

 

Le site de ce château féodal, placé sur un éperon rocheux surplombant la vallée de la Soudeillette, reste toujours remarquablement sauvage. Du château il n'y a que peu de vestiges : l'enceinte existante épouse le contour de l'éperon protégeant ainsi une place de 170 m de long sur une largeur maximale de 30 m; on trouve à l'intérieur quelques traces de chapelle et logis, une importante tour ronde et un pan de mur semblant être celui d'une tour maîtresse carrée.

Château de Ventadour © M. Wirth - Photo par cerf-volant

Cap Sud-Ouest - Ventadour

(Attention aux commentaires qui oublient Ebles II et confondent la vita du troubadour Bernard et la réalité historique)

Curieusement, le château ne semble pas avoir été la « capitale » politique de la seigneurie constituée vers le milieu du XIe siècle, hormis peut-être au XVe siècle.

 

En revanche il a été possédé par les plus puissantes familles du royaume : les Ventadour du XIe au XVe siècle, puis les Lévis de 1472 à 1673, et enfin les Rohan de 1673 jusqu’à la Révolution. Le statut de la seigneurie a évolué également au cours des siècles : de vicomté en comté au XIVe siècle, puis en duché au XVIe siècle.

Pour plus d'info ...

Château de Comborn

Établi dans un cingle de la Vézère, le site de Comborn est occupé depuis l'Antiquité comme cela a été révélé par des fouilles en 2002.

Le château de Comborn, est un ancien oppidum au IXème siècle, berceau de la vicomté de Comborn — l'une des quatre vicomtés du Bas-Limousin — au Xème siècle, et des  vicomtes de Limoges aux xiie et xiiie siècles.

Avant l'an mil, le château en bois, dont quelques vestiges ont été retrouvés, va subir le cheminement architectural classique des forteresses féodales du Limousin.

Au xie siècle s'effectue la première construction en pierre de la tour maîtresse à quatre niveaux — dont seul le premier subsiste — ainsi que trois salles souterraines dès le xiie siècle. Le château est détruit aux xiiie et xive siècles, pendant la guerre de Cent Ans. À partir de 1436, Jean Ier, vicomte de Comborn et seigneur de Treignac, fait reconstruire un logis important, ainsi qu'une chapelle consacrée en 1455 à sainte Madeleine. Leurs vestiges sont encore très présents.

Au début du xvie siècle, la seigneurie passe par héritage aux Pompadour, puis aux seigneurs de Pierre Buffière et dès 1649, au marquis du Saillant.

Au milieu du xviie siècle, un incendie détruit le château. Un logis est reconstruit en 1753 par le marquis du Saillant, alors propriétaire.

(Source - Wikipedia)

Comborn

 

Il occupe un site sauvage, retiré des itinéraires et des pôles paroissiaux médiévaux, niché dans une boucle de la Vézère. L’étroit éperon rocheux a permis le développement d’une roca supérieure et les pentes aménagées en terrasses accueillaient au moins un autre enclos avec des hôtels dévolus à la militia.

L’escarpement général du site n’a pas permis – un peu comme à Ventadour – le développement d’une véritable bourgade et le château lui-même semble avoir été assez vite délaissé par les vicomtes au profit de résidences moins contraintes par la topographie .

(Source - Didier Delhoume et Christian Rémy - Le phénomène vicomtal )

Pour plus d'info ...

La dénomination chez les vicomtes limousins : le lignage des Comborn

Bernadette Barrière

Château de Comborn - JP. Bernard

L'origine des Comborn

 

Les origines des Comborn sont délicates à établir mais l’ordre successoral peut y être suivi sans problème de continuité à partir du milieu du Xe siècle. Il s’agit d’une famille qui se révèle dynamique, entreprenante et prolifique.

 

Sachant saisir les opportunités, elle parvient à deux reprises à s’imposer pour relayer d’autres lignages vicomtaux plus éminents mais déficients. Celui des Turenne dès la fin du Xe siècle et celui des limoges au XIIe siècle. A deux reprises encore, des cadets forment de nouveaux lignages : celui des vicomtes de Ventadour à partir de la fin du XIe siècle et celui des Treignac au XIIIe siècle. 

 

(Source - B. Barrière)

Comborn était le siège d’une des plus anciennes vicomtés du Limousin à côté de Turenne et Limoges au Xème siècle, puis de Ventadour dès le XIème siècle. Ses principales seigneuries étaient : Treignac, Beaumont, Chamboulive, Chamberet, Rochefort et Allassac.

Les seigneurs de Comborn, et particulièrement les premiers, vont consacrer leur énergie à étendre leur puissance bien au-delà de la petite vicomté éponyme. Ils sont l’exemple type de l’implantation des premiers seigneurs féodaux mis en place afin de gérer les territoires pour le compte de l’autorité suzeraine de l’époque. Cette pratique résulte de la politique mise en place par Pépin le Bref puis Charlemagne dès les VIIIe et IXe siècles.

Le premier Comborn identifié est Archambaud. Il n’est pas titré vicomte et n’est pas originaire du Limousin. Ses origines remontent à l’ancienne dynastie des Carolingiens et des comtes de Bourbon. Son nom d’origine germanique signifie franc, hardi, courageux et sincère...il précise un peu plus son ascendance . Il affirme sa présence et sa légitimité en épousant la fille de Foucher de Ségur, Hildegarde que l’on retrouve sur certaines chartes.

Le second Archambaud, titré vicomte vers 960, deviendra ainsi le véritable fondateur de la dynastie. Il prendra Turenne vers 976 et sera donc vicomte de Comborn et de Turenne. Il mourra en 993. C’est le célèbre Archambaud Jambe Pourrie.

(Source - JP. Bernard)

Armoiries des Comborn - Jacques de Comborn était issu d’une grande famille d’Auvergne. Il était chanoine et comte de l’église de Lyon quand le Chapitre de Clermont l’élut évêque le 23 décembre 1444. Son élection fut confirmée en mai 1445 par le pape Eugène IV, et il prit possession de sa charge en 1446. Les citoyens de Clermont lui prêtèrent serment de fidélité et lui remirent les clés de la ville.

En 1463 le roi Louis XI lui écrivit pour demander aux trois États une somme de 8000 livres qu’il avait à payer au duc de Bourgogne Philippe le Bon. Il contribua à l’embellissement de la cathédrale, fit reconstruire l’église Saint-Sépulcre et rebâtir le couvent des Jacobins qui avait été détruit par un incendie. Il mourut le 15 ou le 19 février 14741.

Le lignage de Comborn

 

Il semble se structurer autour de la figure emblématique d’Archambaud Ier dit « le Boucher » ou « Jambe pourrie » († v. 988). Souvent évoqué par les cartulaires, y compris avec ces surnoms, il est parfois qualifié de « vicomte » et la Chronique de Geoffroi de Vigeois en fait l’ancêtre de la lignée.

 

La première occurrence précise de ce personnage date de 957 mais il pourrait être signalé aussi dès 945 aux côtés du vicomte d’Aubusson, à moins qu’il ne s’agisse de son probable père, que les travaux de Bernadette Barrière ont mis en évidence avec sa femme Ildéarde.

 

Archambaud Ier, le fils, tient son surnom d’un épisode que rapporte Geoffroi de Vigeois : lors de l’attaque du château de Turenne, en 984, dont il disputait la possession à son beau-frère par alliance Ramnulfe d’Aubusson, il se fait broyer la jambe dans les vantaux de la porte.

 

Son premier mariage avec Rotilde (de Brosse) fut cassé pour lui permettre de convoler avec Sulpicie, héritière potentielle de Turenne. Leur fils Ebles, dit « le Vieux », marié à Béatrice de Normandie, réunit les deux titres de Turenne et de Comborn pour les attribuer respectivement à ses fils Guillaume et Archambaud II. De ce dernier est issue une dizaine de générations caractérisées par l’emploi quasi systématique du prénom Archambaud pour le titulaire du titre vicomtal et ce jusqu’à l’extinction de la branche aînée, dans la seconde moitié du XIVe siècle, dès lors relevée par les cadets de Treignac. Titre et terres sont absorbés par les Pompadour au début du XVIe siècle.

D’après Maurice Bony de Lavergne, Archambaud de Comborn serait issu de Foucher « de Ségur », construction non étayée par les sources. En tout cas, entre le Xe et le XIIIe siècle, la famille s’avère dynamique et prolifique : elle relève les lignages vicomtaux de Turenne au XIe siècle puis de Limoges au XIIe siècle, à l’occasion de tombées en quenouille. L’un de leurs cadets est aussi à l’origine des vicomtes de Ventadour alors que le titre de Comborn est accaparé, à la mort d’Archambaud III, par son frère Bernard, qui élimine son neveu Ebles et poursuit la lignée avec son propre fils Archambaud IV dit « le Barbu ».

 

On peut aussi observer que le lignage des seigneurs de Terrasson, également implanté à Chamboulive et qui s’arroge le titre de « comptor » durant tout le XIe siècle, décline les prénoms emblématiques des Comborn : Archambaud, Ebles, Bernard.

(Source - Didier Delhoume et Christian Rémy - Le phénomène vicomtal )

Château de Comborn JP. Bernard

La forteresse de Comborn et les fouilles archéologiques 

Avant l’an Mil, le Château en bois dont on a retrouvé quelques vestiges, va subir l’évolution architecturale classique des forteresses féodales du Limousin. La mise à jour d’un silo à grain a permis la découverte de graines de céréales qui ont fait l’objet d’une datation au carbone 1448. Elle nous a prouvé l’occupation du site pendant le Haut Moyen Âge (fin viiie- ixe siècle).

À côté, un trou de poteau signale une construction en bois, classique pour ces périodes d’avant l’an Mil. Dès les xie-xiie siècles, construction de la tour maîtresse en pierre qui comportait quatre niveaux (il n’en reste qu’un) ainsi que trois salles souterraines. Sur le cadastre d’Estivaux de 1827, la tour est encore entière et couverte... C’est la plus ancienne reproduction du château.

Le chateau est détruit pendant la guerre de Cent Ans aux xive et xve siècles. C’est une période funeste pour la vicomté, elle en sortira meurtrie. En 1348, prise du château par le brigand Jean de Sault Bascon de Mareuil dit « Bâ ». Il effectuera à partir de Comborn des rapines et ravages dans toute la région. Délogé, il entrera au service du roi de Navarre Charles le Mauvais et on le retrouvera guerroyant contre Dugesclin... En 1358 les Anglais prendront la forteresse. Délogés par Arnould d’Audrehem, Maréchal de France, ils fuiront et seront anéantis à côté du hameau de la Barrière (commune d’Estivaux) au nord de Comborn. Dès la fin du xive siècle, le château est dit « demolitum ».

À partir de 1436, un logis important est reconstruit par Jean Ier Vicomte de Comborn, Seigneur de Treignac, ainsi qu’une chapelle consacrée en 1455 à Sainte Madeleine ; leurs vestiges sont encore très présents. Pour le château, seuls subsistent : une élégante tour d’escalier d’où l’on peut découvrir trois niches destinées à recevoir un éclairage, un linteau de porte aux armes des Comborn et un escalier en granit sur un seul niveau. Les portes béantes donnaient accès à la cuisine du château au sol dallé ainsi qu’aux chambres des premier et deuxième étages.

 

À quelques mètres, la chapelle montre encore quelques arcatures gothiques reposant sur un culot représentant un sanglier tenant entre ses pattes un serpent qui se mord la queue. La clef de voûte aux armes des seigneurs de Comborn et un bénitier tous deux du xve siècle sont conservés au château. Les fouilles ont révélé un sol en tomettes et des murs enduits aux décorations rouges, noires et jaunes.

Un incendie, au milieu du xviie siècle, détruit le château. Un logis est reconstruit en 1753, par le marquis du Saillant, alors propriétaire. Le château du xve siècle sert de carrière pour la reconstruction. Dans un style xviiie rustique limousin, cette demeure possède tout de même toutes les caractéristiques d’un château noble avec ses grands et ses petits appar- tements, son fournil, son pigeonnier comme le prouvent les différents inventaires retrouvés.

 

(Source - JP. Bernard)

Le lignage des vicomtes de Comborn

Ses origines sont délicates à établir, mais l'ordre successoral peut y être suivi sans solution de continuité à partir du milieu du Xe siècle. Il s'agit d'une famille qui se révèle, dès le départ, dynamique, entreprenante, prolifique ; sachant saisir les opportunités, elle parvient à deux reprises à s'imposer pour relayer d'autres lignages vicomtaux plus éminents qu'elle mais déficients : celui des Turenne dès la fin du Xe siècle, et celui des Limoges au XIIe siècle. À deux reprises encore, ses cadets fondent de nouveaux lignages : celui des vicomtes de Ventadour, à partir de la fin du XIe siècle, et celui des seigneurs de Treignac au XIIIe siècle, en un temps où le titre vicomtal est enfin considéré comme l'exclusivité de la branche aînée.

 
Des sources inégales mais abondantes et cohérentes

La plupart des cartulaires limousins proposent des notices et des chartes mettant en scène les vicomtes de Comborn ainsi que leurs épouses et leurs fils, éventuellement leurs veuves ou leurs frères. Ils agissent en tant que donateurs, témoins, fidéjusseurs, seigneurs... Les cartulaires les plus riches en cette matière sont incontestablement ceux des abbayes bénédictines de Tulle et d'Uzerche pour les Xe et XIe siècles, ceux des abbayes cisterciennes d'Obazine et de Dalon pour le XIIe siècle, celui de la chartreuse de Glandier pour le XIIIe siècle.

Aux chartes s'ajoute une source narrative de première importance, la chronique de Geoffroy de Vigeois († 1184). Ce moine de l'abbaye Saint-Martial de Limoges écrivait dans les années 1180, et son récit porte, pour l'essentiel, sur les événements limousins des XIe-XIIe siècles. Ses centres d'intérêt prioritaires sont, d'une part l'histoire religieuse et monastique, d'autre part les actions des Grands et de l'aristocratie locale dont lui-même était issu. A cet égard, tout lui est prétexte pour esquisser ou développer la généalogie de quelques lignages parmi les plus éminents connus de lui. S'agissant des Comborn, il se montre particulièrement prolixe. En effet, devenu prieur du monastère de Vigeois et résidant donc ainsi aux portes même de la vicomté de Comborn, à faible distance du château, il sait pouvoir trouver la meilleure information à la toute proche abbaye d'Uzerche.

Son témoignage, qui peut parfois être pris en défaut pour les périodes qui sont les plus éloignées de lui, est néanmoins très sûr. Confirmé par celui des chartes, il complète souvent celles-ci en restituant plus largement les descendances, et en précisant et justifiant éventuellement les choix ou les modifications des noms adoptés en fonction des nécessités successorales.

 

L'abondance comme la précision des sources documentaires, alliées à la qualité des informations fournies par la chronique, permettent, du moins pour la période XIe-XIIe siècles, non seulement de connaître la plupart des alliances matrimoniales et de déterminer avec une quasi-certitude l'ordre de naissance des fils, mais encore d'éviter dans la plupart des cas les incertitudes inhérentes à l'homonymie qui régit ici l'ordre successoral, et d'attribuer à chacune des quatorze générations retenues des repères chronologiques convenables.

(Source - Bernadette Barrière / La dénomination chez les vicomtes limousins : le lignage des Comborn)

Archambaut de Comborn "jambe pourrie"

Archambaut 1er serait fils d'Archambaut père (ca 900-ca 960), peut-être élevé vicomte en 958, qui épousa en premières noces vers 933 Hildegarde, puis Rothilde en deuxièmes noces vers 950/957. Il aurait été le petit-fils de Foucher de Ségur, un descendant des vicomtes de Limoges, et de Dina de Chanac (de Tulle ?), et peut-être, encore avant, de Childebrand Duc d'Austrasie (†752). 

Cette filiation est à peu près communément admise mais une variante minoritaire et singulièrement différente exista : Archambaut père aurait été fils d'Aimar ou Adhémar de Bourbon (ca 880 - † >921) et d'Ermengarde de Comborn (ca 885) fille d'Archambaut de Comborn, d'où serait l'origine du nom. Elle ne semble plus guère adoptée.

Archambaut 1er aurait véritablement fondé la vicomté issue du démembrement de celle de Limoges par voie de partage familial et se serait installé à la suite de ses parents sur un piton dominant la Vézère. 

Archambaut Ier paraît être un guerrier redoutable et fait grands carnages. Il aurait combattu aux côtés du duc de Normandie contre l'empereur Othon 1er du Saint- Empire, ce qui expliquerait le mariage de son fils Ebles avec la fille du duc, Béatrix. Il assiège la motte féodale de Turenne qui lui revient des comtes du Quercy par sa femme, Sulpicie de Turenne, fille de Bernard 1er, vicomte de Turenne, et de Deda de la Marche.

 

Bernard (v.915-981), fils d'Adhémar de Turenne (899-945), vicomte des Échelles et abbé laïque de Tulle, avait été le premier à se présenter comme vicecomes de Torena (984). Archambaut en hérite après la mort de son beau père puis de son beau-frère contre qui il se bat et où il se fait prendre le pied dans la porte lors d'un siège. Il était surnommé "le boucher" puis devint "gamba potrida" après sa blessure. Peut-être est-ce lui qui déplace l'ancien château mérovingien de Torena sur son emplacement actuel. Le premier aurait été implanté au lieu appelé "Vieille Turenne" (montem qui vocatur Vetula Torena), qui se trouve à 1,5 km au nord-est de l'actuel, au-dessus du village de Gondres.

 

Qui fut le premier vicomte ? Archambaud « Jambe pourrie » ou un prédécesseur ? C'est la seconde solution qui a été ici retenue pour l'élaboration du tableau, car quelques indices permettent de situer, entre le moment de la création de l'institution vicomtale et l'émergence dans les textes d'Archambaud (I) « Jambe pourrie », un certain « Archambaud », époux d'une Ildéarde, qui fait alors déjà manifestement partie des Grands. Toutefois, comme c'est Archambaud (I) « Jambe pourrie », bien attesté par les cartulaires, que Geoffroy de Vigeois a donné comme ancêtre de référence pour le lignage, c'est lui qui, traditionnellement, sert de point de départ au compte des générations et à la numérotation des Archambauds successifs : pour plus de commodité, on s'est donc conformé ici aux usages transmis par l'érudition locale, en renonçant à introduire un décalage dans la numérotation reçue.

En ce qui concerne le fait de savoir si Archambaud I « Jambe pourrie » a contracté un ou deux mariages, je crois pouvoir proposer la seconde hypothèse que les textes eux-mêmes induisent. Archambaud aurait d'abord épousé Rotilde, puis, pour d'impérieuses raisons politiques, il aurait laissé celle-ci très rapidement au vicomte de Limoges Géraud, car lui-même était pressé d'épouser Sulpicie, devenue entre temps héritière de la vicomté de Turenne. Le lignage semble, d'ailleurs, avoir été coutumier de ces divorces à l'amiable, politiques ou autres, du moins dans les premières générations : Ebles « le Vieux » a divorcé de Béatrice pour épouser Pétronille ; Bernard I s'est séparé d'Ermengarde-Garcille, qui se fait moniale, et s'est remarié à Pétronille.

 

On rappellera enfin, que les comtes de Poitiers restent, durant toute la période Xe-XIIe siècles, maîtres du Limousin et qu'ils sont toujours présents à l'arrière-plan de ces alliances matrimoniales, du moins de celles qui sont politiquement importantes. Si, manifestement, ils ne les entravent pas ou même s'y montrent favorables-ce que les textes ne précisent pas-ils veillent néanmoins à ce qu'aucun des vicomtes ne cumule durablement entre ses mains, pour lui-même ou pour un seul de ses descendants, la vicomté de Comborn en même temps qu'une autre des vicomtés acquises par mariage, et à ce qu'une redistribution soit systématiquement effectuée au niveau des descendants immédiats ; car ce n'est probablement pas aux Comborn eux-mêmes qu'il convient d'imputer une telle politique de partage.

(Source - Bernadette Barrière / La dénomination chez les vicomtes limousins : le lignage des Comborn)