Collégiale de Brive

Briva Curretia se trouvait au croisement de deux routes, l'une allant de Toulouse à Limoges, l'autre allant de Lyon à Bordeaux. Le territoire était marécageux et une petite agglomération était située sur une petite éminence. Un pont (Briva en gaulois) en bois permettait de franchir la Corrèze et différents affluents qui entouraient ses éminences. 

 

On trouvait à Brive une église Saint-Pierre sur une des buttes, le Puy-Saint-Pierre. À proximité, une église Saint-Sernin. Sur une deuxième butte va s'élever l'église Saint-Martin en l'honneur de saint Martin l'Espagnol, martyrisé et mort à Brive. Ce saint serait venu du sud au début du Ve siècle.

 

Le premier édifice est mentionné par Grégoire de Tours au VIème siècle dan son Histoire des Francs. Cet édifice rectangulaire paléochrétien richement orné de colonnes de marbres polychromes fut construit à l'emplacement du tombeau de Saint Martin l'Espagnol qualifié de  disciple de saint Martin de Tours à la fin du Vème siècle. Il est reconstruit après un incendie par l'évêque de Limoges Ferréol.

 

 

 

La construction de la collégiale de Brive

 

Les vestiges découverts en 1986-1988, visibles dans la crypte archéologiques, ont confirmé d'une manière étonnante le récit fait par Grégoire de Tours. Ces fouilles ont permis de trouver une petite chapelle cimetériale avec des éléments d'une nécropole mérovingienne. Il subsiste de la chapelle primitive quelques éléments de murs.

 

Lors de la deuxième reconstruction par l'évêque Ferréol, cité par Grégoire de Tours, La chapelle a été divisée en deux parties par un mur transversal. Il subsiste des traces d'inscriptions en ocre rouge. Dans le coin nord-est on avait placé un sarcaphage trapézoïdal sur un piédestal. Cette disposition était fréquente dans les memoriae de ce type et laisse penser qu'il s'agissait de la tombe du saint. On a aussi trouvé un morceau de colonne. Ces différents permettent d'imaginer une chapelle rectangulaire de 11 à 12 m de long et 5 m de largeur. Le tombeau du saint dans l'angle nord-est, avec l'autel à côté, face à l'est. Deux murs bas supportant des colonnes et laissant un passage central permettait de séparer le chœur où se tenaient les prêtres du reste de la nef où étaient placés les fidèles. Les fouilles ont montré qu'il y avait eu une troisième phase de construction correspondant à un agrandissement vers l'est et vers l'ouest de la chapelle. À l'ouest, en plus du prolongement du mur nord, ont été trouvés une cuve baptismale de 1 m de diamètre, des fragments de pavage rouge et blanc. Ces éléments sont caractéristiques de constructions carolingiennes. À l'est a dû être construit un édifice secondaire rectangulaire. Des fragments de colonnes retrouvés pendant les fouilles peuvent faire penser qu'il y avait un ciborium.

 

 

Cet édifice peut être rapproché de Saint-Martial de Limoges où la memoria située au-dessus du tombeau de saint Martial est associée à une église dédiée à saint-Pierre et une autre à saint Benoît. L'évêque de Limoges a envoyé des clercs pour assurer le culte du saint. Ce type d'organisation se retrouve sur les principaux lieux de cultes de l'évêché de Limoges à cette époque.

               The church Saint Martin's day situee in the center of the city, near: Hotel-of-City, was built at the end of the 12th century.

 

The bell-tower was recently rebuilt and the church restauree, in much of its external and interior parts.

Its form is that of the Latin cross: overall length 58 bills of quantities, development of the transept 28 bills of quantities.

 

It-is three naves equal heights separated by 12 elegant pillars from 13 Mr. 80 height. An apse recently restauree and three absidioles go back to primitive construction.

 

Purple-the-duke says the very curious church of Brive ''; a remarkable building '', perhaps because of its narrowness.

It is noticed there, as well inside as outside, some pretty sculptures, inter alia the Romance capitals representing the Vision of David in the surface of Ornam, the Women with the reptiles, Pesement of the hearts.

 

 

 

 

 

LA SCULPTURE

 

Si Saint-Martin de Brive est un édifice incomplet et très repris, qui apparaît de ce fait comme particulièrement complexe, il s'agit d'un des bâtiments les plus importants pour l'étude de l'art roman en Limousin.

 

Avec une soixantaine de chapiteaux conservés in situ, quelques modillons et plusieurs fragments de plaques déposés au musée, seule une partie de ce décor est parvenue jusqu'à nous.

Ce décor comprend seize chapiteaux de petit format aux fenêtres limousines, deux chapiteaux de taille moyenne, sans tailloir, au portail sud et quarante-trois autres de moyenne ou grande dimension aux arcs d'entrée des absidioles et sous leurs arcades, à l'entrée et les doubleuaux de la voûte du transept et enfin, à lextérieur, sur les colonnes d'angle.

 

Le décor sculpté se distingue en trois groupes de sculptures :

 

* Quinze corbeilles de sculptures du XIème avec de nombreux décors végétaux couvrants en grès. Elles se trouvent au chevet, dans la chapelle du bras nord et dans le bras sud. Ce décor s'apparente à celui des chapiteaux des grands édifices de la fin du XIème tels Saint-Sernin de Toulouse ou Conques.

 

* Trente-huit corbeilles de style du XIIème où l'on retrouve des représentations figurées dans les parties romanes de l'édifice. Si la plupart d'entre eux semblent n'être que des fantaisies, quelques-uns de ces chapiteaux sont de toute évidence porteurs de signification morale. Tous les personnages, trapus, ont des têtes massives aux yeux percés ou non et aux cheveux raides traités en mèches parallèles. Dans de nombreux cas, les bras sont très maladroitement reliés au corps ; ils semblent plutôt attachés à la tête. Les plis des vêtements sont creusés en profondes incisions parallèles sans le moindre souci de réalisme, tandis que les bords des étoffes sont soulignés d'un bourrelet.

 

On retrouve dans ces représentations : des acrobates, des lutteurs, des personnages moustachus et barbus, un contorsionniste, des atlantes ...

Deux chapitaux présentent des supplices infernaux. Une tête de lion dont le front est surmonté d'une touffe de crinière. L'animal est en train d'engloutir deux petits personnages dont les pieds sont déjà dans sa gueule. Les victimes se défendent de leur mieux ; l'une de leurs mains saisit l'astragle, l'autre s'agrippe à l'oreille du lion.

une femme en buste placée sous l'angle du tailloir du chapiteau. De ses deux mains, elle tente de se défaire de deux serpents ailés qui l'attaquent sur sa droite et sur se gauche. Les reptils, dont les queues sont entrecroisées sur le ventre de leur victime, mordent chacun une mèche de ses longs cheveux de part et d'autre de son visage. Il s'agit de toute évidence d'une représentation du châtiment de la luxure. Même si cette femme est vêtue, les cheveux ainsi défaits sont signe d'impuretés.

 

(Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

 

Six corbeilles sont à proprement parler des scènes historiées. Deux content des épisodes de l'Ancien Testament, deux autres mettent en scène le Christ, une évoque la fin des temps, enfin une dernière n'est pas identifiée.

 

Une des scènes vétéro-testamentaires présente un personnage chevauchant un lion, dont il ouvre la gueule en écartant les mâchoires de ses deux mains. On pourrait penser qu'il s'agit de David déchirant le lion qui venait menacer ses brebis. Néanmoins, le fait que l'homme apparemment âgé, porte une barbe, moustaches et de longs cheveux, tend à faire identifier cette scène comme celle de Samson et du lion.

 

Sur un autre chapiteau, deux personnages se font face. Celui de gauche, barbu, portant un bonnet d'orfroi, est en position semi-agenouillée. Il présente ses paumes ouvertes à l'ange situé à droite qui le désigne de son index gauche et dont la main droite est mutile. Sur la face droite, un acrobate ou un danseur, portant une ceinture de force nouée sur le devant, réalise une contorsion. Un autre personnage se tient debout sur la face latérale gauche, mains croisées sur le ventre.
C'est Jean-Baptiste Poulbrière qui le premier a proposé de voir dans cette scène la rencontre de David avec l'ange du Seingeur sur l'aire d'Ornan. Cette identification a été reprise par Albert de Laborderie et Marie-Madeleine Macary. Elle demeure hypothétiqaue, car l'épée n'est guère visible dans la main droite de l'ange, mais on peut en déceler un fragment sur son aile droite. Il est en revanche, difficile d'identifier les deux personnages secondaires. Le danseur de droite pourrait être une allusion à ce qui était, avec la musique, le passe-temps favori du roi David.


(Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

La scène de la pesée  des âmes

 

Au deux angles de la face principale se tiennent larchange saint Michel, debout à droite, et un diable accroupi à gauche. Les deux personnages saisissent chacun un bras d'une petite figure nue - une âme soumise au jugement - placée au centre. Saint Michel tient en outre, du bout de son index gauche, une balance qui occupe la partie inférieure de la face. Le fléau penche nettement sur la droite, malgré les efforts du diable qui tente d'inverser ce mouvement en appuyant de l'autre côté avec son index droit.


(Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

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LA CUVE BAPTISMALE

 

Cet impressionnant cylindre monolithe en grès de 1,80m de diamètre a reçu, à une époque récente, un couvercle et une superstructure en orfèvrerie. Il est actuellement scellé sur un socle de pierre mouluré d'un tore, placé dans l'angle nord-ouest de la nef.

La face interne de la cuve est taillée gradins ; cet agencement veut peut-être rappeler les marches des piscines où l'on baptisait par immersion. La face externe porte un intéressant décor sculpté roman. Le registre central, doté de cannelures obliques, est séparé du bord arrondi supérieur par un motif cordé, tandis que le bord inférieur, formant la base, est garni d'écailles.

Les quatre symboles des Evangélistes, tenant chacun un livre, étaient sculptés, à espace régulier, autour de cette cuve sur le fond cannelé. L'ange de saint Matthieu, très mutilé, est actuellement disposé à l'ouest. Respectivement au nord et au sud, l'aigle de saint Jean et le lion de saint Marc - muni d'un nimbe - en état convenable de conservation, sont d'une bonne facture. Le taureau de saint Luc, dont l'emplacement correspond à la partie restaurée et perdu.

 


(Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

La crypte, qui était en fait la premiere église du Vème siècle, a conservée ses couleurs rouge ainsi que quelques sarcophages des VI et VII èmes siècles.

La nef gothique de la collégiale de Brive

 

La haute nef gothique est une oeuvre originale des XIIIème et XIVème siècles, le choeur fut exhaussé et remanié en 1726, grâce à un deons des frères Dubois. De 1877 à 1896 on a construit un porche, un clocher et remonté la chapelle absidiale. Ne restent donc du XIIème que le transept, les murs latéraux du choeur, et au bout  de ses bas côtés, deux chapelles faiblement inclinées sur l'axe.

 

Les croisillons de longueur inégale, en berceau brisé, ont chacun une absidiole arrondie sur chaque bras et une fenêtre limousine en face.

 

La coupole de croisée, octogonale sur pendentifs plans, a ses supports anciens pris dans de grosses piles cylindriques contemporaines de la nef. Les bas-côtés de celle-ci se terminent par un arc plein cintre à double rouleau, retombant vers le mur sur une colonne à chapiteau roman et vers la pile sur un corbeau, au dessus, un bandeau porte deux baies géminées par une colonnette, qui pourrait être un reste de tribunes.

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