A l'extérieur de l'édifice apparaît les différences de construction  les plus nettes, elles opposent le choeur du reste de la nef. A l'Est se développe un chevet dont la grande homogénéité est due non seulement à l'emploi du même appareil relativement régulier mais surtout au choix d'un système décoratif qui unifie l'ensemble des trois chapelles jointives du choeur et celles du transept. Posée sur un mur-bahut, une série d'arcades à pilastres et sans sculpture traduit la recherche d'une élégance austère. Les arcades y entourent d'étroites baies. Toutefois la partie haute de l'abside paraît moins bien proportionnée et ne présente aucun décor, même si l'on fait abstration des murs correspondant à une évidente surélévation tardive.

 

L'observation des parois externes de la nef et du transept déconcerte. L'appareillage laisse deviner les irrégularités du travail et de multiples remaniements. Les murs de moellons sont coupés par de nombreux contreforts que l'on peut classer de deux types. Les uns, assez étroits et plats, montent jusqu'au sommet des murs du transept, alors que dans la nef ils s'arrêtent au-dessous des fenêtres du gouttereau nord et qu'ils sont absents du gouttereau sud ; les autres nettement plus larges et beaucoup plus épais, sont répartis sur les deux murs de la nefs. Les fenêtres, larges et peu ébrasées, offrent un aspect bien différent de celles du chevet.

 

Le premier édifice

 

Les éléments anciens conservés dans la nef et le transept révèlent assez exactement le parti de l'édifice originel. Le vaste vaisseau de la nef était d'une grande austérité, puisque seule la face extéreure de son mur nord était animée par des contreforts plats qui n'avaient d'équivalents ni à l'extérieur du côté sud, contre lequel devaient s'appuyer les bâtiments monastiques, ni à l'intérieur où l'on distingue aucune trace d'aracheement en face des contreforts ; il était cependant assez généreusement éclairé par des fenêtres relativement larges.

L'ampleur relative de la nef et ses particularités indiquent qu'elle était alors couverte d'une charpente , on y reconnaît les caractères d'une constrution du XIème siècle.

 

Le transept devait présenter à l'origine un parti assez analogue : on retrouve en effet, à l'intérieur et dans les parties hautes à l'extérieur, un appareil et des fenêtres identiques à ceux de la nef : en revanche les parties basses ont été reprises et les angles considérablement renforcées au moment de la construction du chevet actuel qui a remplacé celui du premier édifice dont on ne sait rien.

 

 

Le chroniqueur Geffroy de Vigeois nous apporte les dates de consécration de l'église d'Arnac

La constrution du nouveau chevet

 

Le parti adopté pour la nouvelle construction se rattache à un type très particulier de chevet, dans lequel les chapelles rayonnantes sont greffées directement, sans l'intermédiaire d'un déambulatoire, sur le choeur quencadrent les deux absidioles orientées du transept, elles aussi reprises.

Cependant la mise en oeuvre de ce parti offre ici des particularités qui en changent assez radicalement l'esprit. Du fait des dimensions plutôt réduites du transept préexistant, les deux absidioles orientées sont si proches des chapelles latérales qu'elles sont soudées à ces dernières. Conséquence plus importante encore, ces trois chapelles ne sont pas, comme d'autres exemples, séparées par des portions de mur et leur disposition s'apparente dès lors très fortement à celle des chevets en triconque.

 

A l'extérieur les cinq hémicycles constuits en moyen appareil sont renforcées par une arcature disposée sur un mur-bahut et qui enveloppe les baies, les arcades juant le rôle de contrefort. Chacun d'eux est couronné d'une imposte au-dessus de laquelle une pierre unique, taillée en bâtière, amorce le départ de deux arcs faits de claveaux étroits. Une fenêtre s'ouvre au fond de deux absidioles et des deux chapelles latérales, tandis que la chapelle d'axe en comporte trois. Toutes sont fermées par un linteau monolithe échancré, dont la partie supérieure est parfois elle-même arondie.

 

A l'intérieur, nous retouvons le même soucis de renforcer la paroi. Dans chaque absidiole et chaque chapelle, les murs sont tapissés par une arcature ; ses extrémités retombent dans les absidioles, sur des colonnettes logées dans l'angle du piédroit de l'arc d'entrée et dans les chapelles sur le pied droit lui-même : dans l'intervalle, elles reposent toutes sur des colonnettes en délit, posées sur un mur-bahut et portant un chapiteau et son tailloir.

 

C'est vraisemblablement à ces travaux que correspond la consécration de 1101 : cette date convient à des dipositions assez complexes, déjà évoluées malgré une maladresse et à l'impression d'archaïsme produite par la forme outrepassée de l'abside ainsi que par la multiplication des renforcements.

 

( Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

 

Les transformations de l'époque gothique

 

 

Après la catastrophe de l'effondrement signalé par Geoffroy de Vigeois, un important ensemble de travaux est réalisé vraisemblablement au débou du XIIIème siècle.

 

Les voûtes sont d'abord refaites, suite surement à un berceau brisé, suivant les nouveaux procédés gothiques. On peut penser qu'une partie des murs, entraînée ou disloquée dans l'effondrement, a dû aussi être remontée, mais l'appareil peut-être remployé est identique, ce qui ne permet pas de le distinger. C'est sans doute à cette époque que l'on a ménagé des ouvertures placées très haut au sommet du mur sud de la nef, ouvertures qui devaient permettre un accès au monastère vers les combles.

 

C'est également à ce moment que l'on a doublé la face externe du mur occidental par un placage en moyen appareil, comprenant un portail (dans lequel on a remployé trois chapiteaux romans) entre deux arcatures appliquées, surmonté de trois niches et d'une grande fenêtre centrale.

 

L'église porte la trace de transformations ultérieures : ouverture d'une porte dans la dernière travée du mur nord, création d'une grande chapelle, maintenant disparue, au sud, construction d'un énorme massif de contrebutement à l'angle nord-ouest de la façade, à l'extérieur.

( Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

LE DECOR SCULPTE DE L'EGlISE D'ARNAC

 

Les chapiteaux peuvent être répartis en deux grands groupes correspondant aux étapes de la construction romane. Vingt et un chapiteaux de petit calibre ornent les parties basses du choeur (de 7 à 12, de 14 à 25 et 27 et 28). Les treize autres, qui correspondent à la phase de voûtement, se répartissent en huit grands chapiteaux qui portent des doubleaux (n° 4,5,6,13,26,31,32,33) auxquels il faut ajouter les deux chapiteaux de la fenêtre haute du mur du fond du bras sud du transept (n°29 et 30) ainsi que trois chapiteaux remployés au portail ouest (n°1,2,3).

 

Mise en place vraisemblablement dans les premières années du XIIème siècle, en liaison avec la dédicace de 1101 indiquée dans les textes, le décor sculpté de la partie basse du choeur d'Arnac montre une prédilectionpour les scènes figurées. Les choix iconographiques ainsi que le style des sculptures les rapprochent du second groupe de reliefs installés à Saint-Martin de Brive à la même époque.
En revanche les grands chapiteaux des colonnes soutenant la voûte présentent de tels points communs avec ceux de Vigois que l'on peut y reconnaître le travail des mêmes artistes.

Il est intéressant de remarquer que deux de ces dernières corbeilles mettent en scène saint Martial, dont une statue sera aussi installée au XIIIème siècle dans une niche de la façade occidentale. Plutôt que d'honorer saint Pardoux, également patron de l'église, le décor sculpté rend donc hommage à l'apôtre de l'Aquitaine saint Martial et à l'abbaye mère de Limoges.
 

Les chapiteaux de la partie basse du choeur

 

Ils sont placés soit sous l'arc d'entrée des chapelles n°14, soit sous les arcatures (n°7,8,11,12,15,16,24), soit autour des fenêtres (n°9,10,17,18,19,20,21,22, 23,25, 27,28). L'absidiole nord est la seule à avoir conservé l'intégralité de son décor sculpté. Les tailloirs de ces chapiteaux, dont certains sont restaurés, présentent tous le même profil à chanfrein droit. Ces chapiteaux présentent une réelle unité stylistique. Pour les nous avons choisi de les répartir par thème.

Les décors végétaux

 

Les chapiteaux n°18 et 19 sont ornés d'un décor végétal composé de palmettes reliées par des tiges et réservées en assez fort relief par une taille en creux. Sur la corbeille n°14 on observe une rangée de feuille d'acanthe décomposées en éléments indépendants, à savoir des tiges nervurées s'épanouissant en palmettes.

 

( Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

Les scènes figurées

 

* Quatre chapiteaux représentent des têtes de lion crachant des rinceaux. Les rameaux sont formés de tiges fortement nervurées terminées par des palmettes ; ils sont plus abondants dans d'autres variantes.

 

* Deux autres chapiteaux montrent un oiseau, ailes déployées perché sur l'astragale. Le plumage de son corps est constitué de losanges imbriqués, tandis que les plumes des ailes sont dessinées à l'aide de stries.

 

* Deux autres présentent des lions combattant. Représentés en buste. Ils se mordent mutellement à la gueule sous l'angle du tailoir. On distingue la crinière des bêtes, faite de longues incisions parallèles, ainsi que leur faciès (petites oreilles, yeux percés et gueule bordée d'un bourrelet) en tout point identique à celui des lions des chapiteaux.

 

* Deux béliers s'affrontent. les animaux à genoux, sont disposés de manière parfaitement symétrique. Leur pelage est traité sous la forme de sortes d'écailles striées. Une crinière est aussi figurée. Ils ont de larges yeux en amande.

( Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

Le second groupe de chapiteaux

 

les chapiteaux des parties hautes de la nef et du choeur

 

Prévus pour recevoir vraisemblablement les doubleaux d'une voûte en berceau, ces chapiteaux supportent maintenant les retombées de la voûte d'ogives, installée postérieurement. Les corbeilles ne semblent cependant pas avoir été déplacées et gardent pour la plupart leur tailloir d'origine.

 

Trois de ces chapiteaux figurent un homme entre des lions. ils sont cependant très différents les uns des autres.  il est difficile de voir Daniel dans le personnage figuré sur les deux premières corbeilles. On ne peut d'ailleurs, affirmer s'il s'agit de lions bienveillants ou féroces. Sur le chapiteau n°32, en revanche, il est tentant d'assimiler au prophète le personnage orant et de penser que la multiplicité des animaux est bien là pour nous suggérer une fosse qui renfermerait plusieurs fauves.

 

 

 

 

 

Des personnages sont représentés dans des mandorles sur la corbeille n°26. Sous l'angle droit est figuré saint Pierre ; il est identifié par une inscription (PETR sur la partie inférieure gauche dela mandorle). Il tient dans sa main gauche deux doigts de sa main droite qui enserre une clé. Sous l'angle gauche est figuré un personnage chaussé, en tunique longue, faisant de la main droite un geste de bénédiction et tenant dans sa main gauche une crosse. Les chercheurs unanimes, y ont reconnu saint Martial. Curieusement, la hampe de son bâton pastoral traverse le bord supérieur de la mandorle, si bien que la partie arondie est représentée dans l'espace libre entre les deux mandorles.

 

Deux personnages nus, aux cheveux longs, occupent les deux mandorles latérales. Sur la mandorle entourant le personnage situé à gauche de saint Pierre, l'inscription se poursuit : PASUNT MIEAS OVESI. Selon les auteurs du Corpus des inscriptions de la France médiévale " le commentaire de cette scène est à rapprocher du texte de l'Ecriture marquant la primauté de Pierre sur les deux autres apôtres, dialogue au cours duquel le Christ dit deux fois à Pierre : Pasce agnos meos et une troisième fois : Pasce oves meas. Dans l'inscription le verbe Pascere, employé à la troisième personne du pluriel, désigne certainement les trois personnes représentées sur le chapiteau. En fait, nous avons bien deux personnages semblables dans les demi-mandorles qui occupent les faces latérales, ce qui porte le nombre des figures à quatre et non trois. Compte tenu du fait que celles de l'extérieur sont représentées complètement nues, nous pensons qu'elles pourraient symboliser les âmes dont Pierre et Martial ont la charge.

 

( Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

Les représentations humaines

 

* Les corbeilles n°7 et 12 montrent chacune un personnage en buste aux cheveux ondulés. L'homme tient dans chaque main, en la recourbant, une des deux tiges d'un végétal planté devant lui.


* Trois corbeilles donnent à voir des personnages luttant entre eux. Nous observons deux variantes. Sur les deux premières corbeilles citées, quatre personnages en buste, alignés, saisissent chacun l'une des mèches de la barbe bifide de son ou de ses voisins.

 

* Sur le chapiteau n°24, deux personnages représentés sous les angles du tailloir, de face, accroupis, jambes écartées, saisissent de leur main placée sur la grande face de la corbeille, une mèche de cheveux de leur voisin tandis que l'autre main repose sur leur genou correspondant.

 

( Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

Sur le chapiteau n°6 on voit deux scènes : la première s'étend sur le petit côté gauche et comprend l'angle, la deuxième occupe le reste de la corbeille. Dans la première, un personnage nimbé, présenté assis dans une mandorle au contour brisé décoré d'une ligne de perle semble bénir une crosse tenue par un homme en tunique longue placé sous l'angle et muni également d'un nimbe. Sur l'autre scène est représenté sous l'angle droit un personnage tout à fait semblable à celui de l'autre angle. Jambes fléchies, il présente sa crosse à un défunt sans auréole figuré dans un cercueil ovoïde au bord décoré de losanges en creux. Derrière lui, sur la face latérale droite, se presse un dernier personnage, lui aussi nimbé. De nombreuses volutes de taille réduite comblent les vides dans la partie supérieure de la corbeille. La deuxième scène a été identifiée par tous les auteurs comme la résurrection par saint Martial de son compagnon Austriclinien.

 

La Vita relate avec détails cet épisode : "il arriva que le bienheureux Austriclinien, un des compagnons de Martial ... quitta ce monde ... A cette vue le bienheureux Martial ... s'en revint vers Rome ... pour annoncer au bienheureux Pierre tout ce qui lui était arrivé ... Pierre lui dit : Dépèche-toi autant que tu peux, après avoir pris en main mon bâton. Dès que tu seras arrivé à l'endroit où tu as laissé ton frère sans vie, touches-en le cadavre du défunt ... Aussitôt il s'éveillera ... Sur la foi de ces paroles, le bienheureux, après s'être saisi du bâton arriva jusqu'au corps : dès  qu'il eut touché les membres privés de la chaleur du sang, ceux-ci furent rendus à la vie". Ce texte suggère de voir, dans la première scène du chapiteau d'Arnac, la remise à Martial du bâton par Pierre. Bien que l'ayant figuré avec le visage glabre et sans son attribue habituel, la clé, a pris soin de disposer ce dernier personnage dans une mandorle perlée.

 

( Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

 

Ces épisodes reliant saint Pierre, premier évêque de Rome, à saint Martial sont les premières représentations, bien tardive puisque du XIIème siècle, du manuscrit retraçant la vie de saint Martial intitulé Vita Antiquior du IXème siècle. Cette Vita raconte effectivement  que saint Pierre adresse à Martial l'impérieuse nécessité d'enseigner la foi chrétienne à toutes les nations, et particulièrement dans la ville de "Lemovix", où la situation est dramatique. Il lui enjoint de s'y rendre, accompagné de deux prêtres, qui ne sont pas nommés. Après un bref rappel des préceptes évangéliques, saint Pierre congédie les trois missionnaires.

 

(Sources - Les saints limousins - JC Masmonteuil)

Sur le chapiteau n°5, le Christ nimbé est représenté sous l'angle droit. Au centre de la face principale, un personnage en tunique courte, coiffé d'un bonnet, semble juché sur un arbuste. Trois autres personnages, deux en tunique longue, le dernier en tunique courte, occupent les faces latérales. L'identification de cette scène avec l'appel de Zachée est facilitée par le rapprochement que l'on peut faire avec la scène homonyme de Vigeois. Les personnages placées à gauche, dont les pieds sont nus, figurent vraisemblablement des apôtres, tandis que celui de la face opposée est un des membres de la "foule" dont parle l'évangéliste.

 

( Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

Les deux protagonistes du chapiteau n°31 sont également montrés dans des mandorles. A gauche, un ange est représenté dans une position quasi agenouillé. Derrière lui est figurée une grande aile qui s'échappe de la mandorle de même que ses pieds et le bord inférieur de sa tunique. De sa main droite, qui sort aussi de la mandorle, il tend un bouquet au personnage de droite. Ce dernier se tient raide, les mains jointes. Des éléments d'architecture occupent la face latérale droite. L'identification de cette scène à une Annonciation ne fait aucun doute ; elle est confirmée par la présence d'une profonde inscription sur le bord gauche de la mandorle de Marie et dans l'espace libre entre les deux mandorles. Compte tenu de la partie perdue, elle a été lue : SPS S CS SVPERVEN ET IN TE c'est à dire Sanctus Superveniet en te Luc 1,35.

 

( Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

Les chapiteaux du portail ouest

 

Trois chapiteaux romans ont été encastrés dans la frise-chapiteau qui orne la partie supérieure des piédroits du portail gothique installé à la façade ouest au début du XIIIème siècle. Les thèmes figurés sont ceux que l'on retrouve habituellement aux portails romans de la région (Le Dorat, Saint-Yrieix, Aureil ...) ce qui nous amène à penser que ces chapiteaux ont été réuitilisés à leur emplacement originel. Le lion en buste crachant des rinceaux, rappelle beaucoup celui des chapiteaux de l'intérieur. Sur chacun des deux autres se distingue une gueule de lion de laquelle semble tenter de sortir un petit personnage dont on ne voit que la tête aux cheveux bouclés et les deux bras.

 

( Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

Prieuré d'Arnac

Les textes qui nous renseignent sur les origines de la vie religieuse à Arnac sont tous en relation avec une cérémonie de consécration du 15 juillet 1028. La principale source pour cette dédicace a longtemps été la Chronique de Geoffroy de Vigeois.

 

D'après cette Chronique, Gui de Lastours après avoir fortifié l'oppidum tout proche de Pompadour, s'intéressa a une petite église placée jusque là sous le patronage de saint Pierre. Il y fit transférer les reliques de saint Pardoux, auparavant conservées à Sarlat (peut être un vol aux circonstances rocambolesques d'après la Chronique), et y fonda un monastère qu'il dota richement avant de le remettre à l'abbaye de Saint-Martial de Limoges. Il semble bien que ce prieuré eut d'emblée une grande importance car, à sa consécration de 1028, célébrée par l'évêque de Limoges Jourdain, étaient présents tous les plus grands seigneurs de la région.

 

Centre d'un petit pélerinage, le monastère, gouverné par un prévôt, est prospère à la fin du XIème siècle. C'est à ce moment que le chroniqueur Geoffroy de Vigeois fait mention d'une seconde dédicace, en l'honneur de la Trinité de saint Pardoux, par l'évêque Pierre en 1101.

 

Au mileu du XVème siècle, la prévôté était presque ruinée, si l'on en croit Charles de Lasteyrie, qui se réfère à une bulle du pape Eugène IV. Le prévôt Geoffroy de Pompadour (1465-1514), évêque d'Angoulême, futur titulaire de Périgueux et du Puy, oeuvra à la restauration du spirituel et du temporel. Ses armes figures sur les clefs de voûte de la nef.

 

( Source - E. PROUST / La Sculpture romane en Bas-Limousin)

 

Mis à part les mentions de dédicaces den 1028 et 1101, l'histoire du bâtiment est lacunaire. En 1183 un pan de voûte s'est écroulé, mais sans que l'on puisse localiser l'accident dans l'édifice. Il faudra attendre le XVème siècle où les voûtes sont reprises.

 

L'église d'Arnac comporte un choeur entouré de trois chapelles rayonnantes et deux absidioles orientées qui s'ouvre sur un transept étroit débordant largement sur une vaste nef unique de trois travées.

 

Malgré l'indéniable impression d'harmonie que procure l'ensemble du parti, on observe un certain nomre d'anomalies qui montrent que cette construction est loin d'être homogène.

Pour plus d'info ...

  • facebook-square
  • flickr-square
  • Twitter Square