Dalmatique d'Ambazac

La dalmatique, du latin ecclésiastique dalmatica qui signifie blouse en laine de Dalmatie, est un vêtement de chœur. En forme de croix avec des manches courtes, la dalmatique se décline selon les couleurs du temps liturgique. Elle est portée par le diacre lors de la messe, des processions et des vêpres. Ce vêtement est dérivé d'un vêtement civil romain, et dont l'usage liturgique remonte au IVe siècle. Blanche à l'origine, la dalmatique prendra progressivement les couleurs de la chasuble, avec deux bandes verticales devant et dans le dos, les clavi. À l'origine, ce vêtement symbolise la joie. (Source - Wikipedia)

 

Signalée dans les inventaires de Grandmont en 1575 et 1666, l'origine de ce vêtement liturgique ne fait donc aucun doute. Comme la châsse, elle fut donnée à la paroisse d'Ambazac, sous la Révolution, en 1793. Il semble, si on en croit le témoignage de l'abbé Nadaud en 1738, que son utilisation était encore de rigueur pour les nouveaux diacres chantant leur premier évangile dans l'abbaye. Cette circonstance, assez exceptionnelle, explique sans doute les nombreuses réparations d'usage constatées au cours de la toute récente restauration.

 

 

 

La légende, dont l'origine n'est pas clairement établie, prétend que ce vêtement fut donné à saint Etienne de Muret en 1121 par la reine-impératrice Mathilde, femme de l'empereur d'Allemagne, d'Henri V puis de Geoffroy Plantagenêt. Cette anecdote eut la vie dure puisqu'il fallut attendre 1960 pour que la remarquable étude de Dorothy Shepherd permette de prouver que le tissu dont est constituée cette dalmatique ne pouvait être antérieur au XIIIe siècle.

 

Réalisée en Espagne, dans la seconde moitié du XIIIe siècle (peut-être dans les environs de Burgos), il est vraisemblable qu'elle ait été acquise dans la péninsule ibérique par un pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle qui en fit don à l'abbaye de Grandmont en hommage à Etienne, son fondateur. Ce type de tissu, appelé "hispano-mauresque", car fabriqué par des maures pour les chrétiens, a été étudié grâce aux découvertes des tombes royales de l'abbaye cistercienne de Las Huelgas, près de Burgos, et aux habits princiers qu'elles contenaient. Plus précisément, il s'apparente au groupe des tissus mi-soie (soie en trame et lin en chaîne), raisonnablement datés du XIIIe siècle et largement diffusés en Europe septentrionale par le pélerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

 

C'est sans doute l'intervention de la reine Mathilde dans la construction de la nouvelle abbaye qui fit attribuer faussement à cette souveraine tous les objets anciens en provenant ; morte en 1164, elle ne put être la donatrice d'un vêtement plus récent de deux siècles.

 

Objet de vénération, cette oeuvre est aujourd'hui plus précisément connue, ses concepteurs mieux compris et sa valeur tant symbolique qu'historique réaffirmée.

 

(Source - Culture gouvernement)

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