Stalles et miséricordes

Les stalles se définissent comme étant l'ensemble des compartiments individuels, le plus souvent en bois, que l'on recontre dans certains édifices religieux, et réservés aux seuls clercs.

 

Le Limousin conserve de magnifiques témoignages de ce mobilier liturgique dans plusieurs de ses édifices. Les ensembles demandent à être découverts dans leurs moindres détails. En effet, les stalles révèlent souvent dans leur choix de décor des surprises pour nos yeux d'aujourd'hui ...

Stalles du couvent des Carmes de Mortemart

A l'origine ces compartiments étaient séparés les uns des autres par des parcloses, où chaque religieux devait suivre les offices debout. Cependant, les prières devinrent de plus en plus longues et fréquentes dans la journée, obligeant la création d'un siège mobile muni d'une sellette sur le dessus et placé entre les parcloses.

 

Ces sièges se nomment des miséricordes, ce qui signifie littéralement sièges de merci. En effet, ces derniers permettaient aux religieux de s'appuyer sur la sellette afin de reposer leurs jambes lorsque le siège était relevé, tout en donnant l'apparence d'être debout.

Ordinairement la miséricorde était ornée d'une sculpture.

 

 (Source - Gaëlle Grzelack "Stalles de Solignac")

 

LES STALLES DE L'ABBAYE DE SOLIGNAC

La période de reconstruction de l'abbaye débute dans la seconde moitié du XVème siècle, moment où l'abbaye, riche et protégée, se dote des magnifiques stalles du choeur, mobilier spectaculaire.

 

Les superbes stalles en chêne de Solignac ont été réalisées entre 1457 et 1484, lorsque Martial Bony de la Vergne était abbé. Elles présentent un magnifique décor en demi-relief sur l'ensemble de leur composition, avec des représentations tout à fait inopinées sur les miséricordes. Apparaissent aux yeux des visiteurs des figures amusantes, grimaçantes, moqueuses voire licencieuses, propres au registre profane.

 

(Source - Gaëlle Grzelack "Stalles de Solignac")

LES STALLES DE MORTEMART

Ces stalles sont médiévales et ont été remaniées au XVème siècle. Les trente stalles de la chapelle des Augustins se composent de dorsaux assez élevés et rythmés d'arcades tréflées, d'accoudoirs et d'une tablette appelée miséricorde.

 

Devant chaque stalle, on retrouve un prie-Dieu qui sert de dossier au rang des stalles basses dépourvus de dais. Les stalles supérieures sont élevées de trois marches pour permettre une meilleure vue sur le sanctuaire.

 

Les parcloses qui délimitent chaque stalle sont décorées d'une colonnette sur la tranche que surmonte un petit personnage, parfois un animal, qui fait ainsi office d'appuie-main.

Les miséricordes sont sculptées de feuilles, de fruits, de personnages ou d'animaux. Le décor est atypique : l'iconographie est éloignée des thèmes proprement religieux.

 

(Source - Bernadette Barrière "Les stalles de Mortemart")

Les stalles de la collégiale d'Eymoutiers

 

De part et d’autre de l’autel se trouvent des rangées de stalles en bois sculpté, reconstituées au XIXe siècle avec les éléments existants et l’apport probable de boiseries du chœur des églises voisines (Saint-Pierre-Château ou Notre-Dame, actuellement détruites). Ces stalles permettaient aux chanoines d’assurer les offices religieux.

L'ensemble de ces stalles remontent au XVème siècle, la disposition et le nombre ne sont pas d'origine, les miséricordes et les accoudoirs sont rapportés, 29 parcloses sont surmontées d'appuie-mains sculptés. Une particularité indique que l'ensemble des stalles d'Eymoutiers étaient d'une grande qualité : la rareté des moulures croisées.