Pesée des âmes

Collégiale de Brive

Commentaires

 

La pesée des âmes désigne la psychostasie dans le christianisme et peut apparaître dans deux contextes : lors d'un premier jugement intervenant directement après la mort de l'individu ou alors au moment du Jugement Dernier .

 

Bien qu'il y ait de nombreuses variantes, au Moyen Âge l'image type de la pesée des âmes représente l'archange Michel, chef de la milice des anges, procédant au jugement des défunts par le biais d'une balance avec laquelle il pèse leurs bonnes et mauvaises actions ; c'est le plateau le plus lourd qui l'emporte. Il y a donc un problème de terminologie car ce n'est pas en réalité l'âme qui est pesée mais bien ses actions. C'est du moins ce qui ressort clairement à la lecture des textes. Il est donc préférable de se contenter d'appeler ce motif « la pesée ». Est aussi présent dans cette scène le diable qui tente de faire pencher le plateau du mal afin d'emporter l'âme en Enfer.

 

(Source - Les chapiteaux de l'église de Lubersac / Jean TAMEN)

La pesée des âmes

 

La pesée n'est pas un thème scripturaire, mais on peut trouver dans la Bible mention de la balance comme symbole du jugement de Dieu dans le livre de Job : « Que Dieu me pèse dans des balances justes » (Job 31,31).

 

Ou encore dans le livre de Daniel lors de l'épisode du banquet du roi Balthazar, où trois mots apparaissent dans l'air au-dessus des convives, écrits par une main mystérieuse. Le deuxième mot, Thecel, est interprété ainsi par Daniel: « Thecel : vous avez été pesé dans la balance et l'on vous a trouvé trop léger » (Daniel 5,27).

 

On trouve aussi des utilisations métaphoriques de la balance: dans l'Apocalypse elle représente le rationnement et la famine lorsqu'elle est brandie par le quatrième cavalier de l'Apocalypse (Apocalypse 6,5). Dans le livre des Proverbes, il est dit lors de la louange des Justes : « la balance fausse est une abomination pour Yahvé, mais le poids juste a sa faveur » (Proverbes 11,1).

 

Enfin, toujours dans les Proverbes on peut lire : « la balance et les plateaux justes sont à Yahvé, tous les poids du sac sont en œuvre » (Proverbes 16,11).

La pesée n'est pas non plus un thème très présent dans les écrits patristiques. On en trouve mention chez Lactance dans les Institutions Divines et la Lettre deuxième d'Ambroise de Milan à l'empereur Constantin Ier au IVe siècle qui décrit le mécanisme de la pesée.

 

Vincent de Beauvais dans l'épilogue sur la fin des temps de son Speculum historiale cite un passage de Saint Jean Chrysostome qui décrit la pesée : « en ce jour, nos actions, nos paroles et nos pensées seront mises dans les deux plateaux, et, en penchant d'un côté, la balance entraînera l'irrévocable sentence ». Toujours à la même période, Pseudo-Denys l'Aréopagite rappelle à l'ordre les fidèles en leur relatant cet épisode du Jugement Dernier dans son Traité de la Hiérarchie Ecclésiastique. Enfin, le poète chrétien Prudence rend hommage à des martyrs chrétiens dans son recueil Peristephanon en reprenant l'image de la pesée.

 

 

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