Nativité

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Sur le chapiteau de l'église de Lubersac, a Sainte Vierge est couchée et parallèlement près d'elle, au-dessus pour conserver la hiéarchie, l'enfant Jésus. Derrière elle, veillant et protégeant sa femme et l'enfant, saint Joseph assis sur un fauteuil qui ressemble à celui de sainte Marie sur le chapiteau de l'Incarnation. Les rois Mages, à droite du petit Jésus lui offrent, le premier à genoux un pain d'encens, le deuxième, debout, de l'or dans le creux de sa main et le troisième debout, de la myrrhe. Dans le fond, on aperçoit les têtes d'un âne et d'un boeuf dans une arcade figurant l'étable.

La Vierge porte une coiffe très neuve et très personelle. On ne la retrouve dans aucune autre oeuvre romane d'après les auteurs de la Revue Zodiaque et d'après eux le fait mérite l'attention. Elle a une forme tronconique et un peu pointue, rehaussée vers l'avant, d'où s'échappe un voile posé sur sa chevelure elle-même, le voile s'échappant en innombrables plis de cette toque très proches de certaines coiffures populaires d'antan ; ces plissés fins et multiples ont pu être pris pour une chevelure alors que ceux sont deux bandeaux séparés par une raie centrale.

Avoir les cheveux flottants pour une femme, aui Moyen Age était signe de mauvaise vie. Un sculpteur du XIIème siècle n'aurait jamais songé à bousculer une telle coutume.

 

Ce chapiteau représentant la Sainte Vierge couchée recevant les rois Mages n'est pas conforme à l'Ecriture de la Bible. En effet, il s'est écoulé plusieurs mois et peut être un an entre la naissance du Christ et la visite des Rois. Pourquoi une telle inexactitude ? Elle ne se retrouve pas dans les autres adorations des Mages si fréquentes à l'époque romane, la Vierge est représentée assise, tenant l'Enfant déjà grand.

Le sculpteur a voulu juxtaposer l'idée de la Nativité et celle de l'Adoration des Mages. Notons bien qu'en face de ce chapiteau s'en trouve un autre : l'annonce aux Bergers. Il aurait fallu, pour bien faire, trois chapiteaux : l'Annonce aux Bergers, la Nativité, l'Adoration des Mages. C'est le cycle habituel. Mais il a fallu resserer en deux chapiteaux. Ainsi la Nativité est-elle essentielle, car elle témoigne de l'Incarnation et l'adoration des Mages ne l'est pas moins car elle est le signe du retour de l'humanité à Dieu : des gentils, des païens au Christ Sauveur".

 

(Source - Les chapiteaux de l'église de Lubersac / Jean TAMEN)

 

 

 

Sacramentaire de la cathédrale Saint-Etienne de Limoges du XIIème siècle

La Nativité

 

« En ces jours-là, parut un édit de l'empereur César Auguste, ordonnant de recenser toute la terre — ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. — Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine. Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David, appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune. »

 

Évangile selon Luc 2,1-7

 

"... et entrant dans la maison, les rois Mages trouvèrent l'enfant avec Maire, sa mère, et se prosternant, ils l'adorèrent ; puis ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent pour présents, de l'or, de l'encens et la myrrhe".

 

Evangile selon Saint Mathieu Chapitre II Bible

 

 

Chapiteau du XIIème siècle de l'église de Gargilesse

Adoration des Mages - Broderie anglicane du XIVème siècle