Le clocher de Collonges

L’église Saint-Pierre, datant des XIe, XIIe et XVe siècles, avec son clocher roman à galbes (l'un des plus anciens du Limousin), fut fortifiée lors des guerres de religion au XVIe siècle.

 

Elle possède un remarquable portail orné d'un tympan en pierre blanche (alors que toute la ville est rouge). Il représente l'ascension du Christ. Celui-ci domine sa mère et les 11 apôtres ; il a été sculpté au XIIe siècle. Il fut caché pendant les guerres de religion, et remis en place seulement en 1923.

 

Le tympan de Collonges

Le tympan est constitué de huit plaques de calcaire provenant vraisemblablement des carrières de Nazareth près de Turenne. La blancheur de cette pierre contraste fortement avec les maçonneries de grès rouge de l'édifice. On sait que les pierres de ce typan, enchâssées à environ dix mètres de hauteur dans le pignon de la façade, ne furent déposées qu'en 1923, époque où Mayeux reconstitua le tympan et leur rendit leur emplacement d'origine. Avant cette réinstallation, les archéologues eurent le loisir d'examiner attentivement ces plaques. Voici que René Fage conclut de cet examen : "rien n'y manque, à peine quelques éraflures dans les angles des panneaux supérieurs, mais qui n'atteignent pas la sculpture : à l'exception du pouce de la main droite du Christ, d'une aile d'ange dont quelques plumes sont endommagées, et d'une tête et de deux mains d'apôtres, qui avaient été brisées probablement lors de la dislocation de l'oeuvre et de la dispersion dans le haut mur de façade, le tympan est entier et n'a subi aucun outrage".

Dans sa configuration actuelle, l'ajustement des plaques est visible et les joints sont peu esthétiques. Une usure générale de surface a émoussé les reliefs. Ce sont les têtes des personnages du registre inférieur ainsi que celle du Christ qui ont le plus souffert.

 

Le tympan représentant l'Ascension, qui constitue le morceau le plus intéressant de l'église. Scindé en deux registres il montre, dans sa partie supérieure, un Christ plus grand que tous les autres personnages, est debout, bénissant de la main droite et tenant le Livre de la gauche, les pieds reposant sur une nuée figurée à la manière d'un voile dont les extrêmités sont tenues par deux petits anges qui, placés à ses côtés, de profil, semblent l'aider à s'élever. La simplicité de cette présentation de l'évènement est renforcée par l'absence de mandorle. De part et d'autre de cette scène centrale, deux grands anges, dont la position accroupie, jambe interne fléchie et jambe externe tendue, épouse la courbure de l'archivolte, désignent le Christ d'une main et tendent l'autre paume aux spectateurs. Il est donc probable qu'ils figurent les deux hommes blancs des Actes des Apôtres qui proclamèrent " Gens de Galilée, pourquoi restez-vous à regarder le ciel ? Ce Jésus qui vous a été enlevé pour le ciel, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller au ciel".

Au registre inférieur, voici douze personnages sous des arcades : dans la partie gauche, à partir du centre, la Vierge, Pierre tenant une clé, puis un apôtre seul et trois autres groupés sous une arcade à deux lobes ; à droite, faisant face à Marie, un puis deux apôtres sous une arcade chacun, enfin les trois derniers membres du cortège disposés comme leurs symétriques. Seule la figure de la Vierge est empreinte de sérénité ; les apôtres sont montrés en mouvement et même une discussion animée semble se dérouler sous les arcs des extrêmités.

 

Nous avons là les protagonistes habituels de l'Ascension. Parmi les apôtres, la Vierge, symbole de l'Eglise que le Christ laisse sur terre, a remplacé Judas. Dans la partie supérieure, très sobre, un contraste s'établit entre la calme grandeur du groupe central et l'agitation des grands anges latéraux qui montrent Jésus tout en se détournant, éblouis par sa figure.

 

(Source - E. PROUST / La sculpture romane en Bas-Limousin)

 

On pénètre d'abord dans une nef de style roman, très dépouillée, nef qui avait été allouée aux protestants par Turenne. La nef de gauche, de style gothique et éclairée par des vitraux est celle affectée au culte catholique.

 

Une clôture de chapelle en bois sculpté et ajourée, avec portillon central, datant de la fin du XVIIe siècle ou des années 1700, et ornée de coquilles, rinceaux, volutes, feuilles d’acanthe et atlantes ; elle est inscrite.

Le montreur d'ours

La partie romane de l'édifice se résume, pour l'essentiel, au portail et au clocher à gâbles, celui-ci surmontant une travée de nef voûtée d'une coupole.

 

Le portail de l'église de Collonges-la-Rouge

Le portail se compose d'un grand arc brisé, répété sur trois voussures, dans lequel s'enchâsse le tympan sculpté. Sous le tympan, un linteau divisé en deux parties est évidé de manière à former des arcs trilobés ; il repose sur des colonnes engagées dans les piédroits et le trumeau central.

 

Les chapiteaux sculptés d'un décor végétal, tout comme les pierres du linteau, sont issus pour la plupart des réfections de 1923. Le portail ouvre sur une nef de deux travées, précédant la "croisée" que surmonte le clocher. Voûtée d'ogives à l'époque gothique, le vaisseau ne laisse guère reconnaître son origine romane, sinon par un arc de décharge, côté sud, et une fenêtre à boudin. Quatre fortes piles, reliées par des arcs en plein cintre, délimitent la travée suivante, plus étroite que les précédentes.

 

Des colonnes, placées aux angles intérieurs, reçoivent les arcs sur lesquels reposent une coupole oblongue. Cette travée pouvait faire office de croisée du transept, s'il y eut un transept à l'origine. Elle sert d'appui au clocher à gâbles qui s'élève sur quatre étages. La base carrée est formée de deux étages, ajourés de baies géminées en plein cintre. Un étage intermédiaire permet, au moyen de pignons aigus ou gâbles, de passer du plan carré à l'octogone des derniers étages. Le reste de l'édifice provient d'adjonctions postérieures, dans le style gothique. Dans le mur nord quelques modillons ont été remontés, qui sont sculptés de figures humaines.

 

.(Source - E. PROUST / La sculpture romane en Bas-Limousin)

Collonges-la-Rouge

Les moines de l’abbaye de Charroux en Poitou fondent un prieuré au VIIIe siècle suite à une donation du comte Roger de Limoges.

Le prieuré est intégré dans la Vicomté de Turenne en 844 et attire, sous sa protection, une population de paysans, d’artisans et de commerçants. Autour de ses bâtiments protégés par une enceinte, la communauté prospère.

 

En 1308, le Vicomte de Turenne accorde à la ville une charte de franchise. Le droit de juridiction haute, moyenne et basse lui est accordé. Il préside à la naissance de lignées de procureurs, avocats, notaires. L’enclos ne suffit plus à contenir sa population. Naissent alors les barris : le faubourg de la Veyrie à l’est, celui de Hautefort, du Faure, la Guitardie.

 

Collonges traverse les guerres religions, de manière relativement pacifique, puisque les deux nefs de l'église sont utilisées alternativement pour le culte catholique et le culte protestant. Après les guerres de religion, la reconstruction du patrimoine de la petite noblesse coïncide avec la montée en puissance de la vicomté. C’est à cette époque que s’élèvent les nobles logis des officiers de la vicomté. Après la vente de la vicomté à la Couronne de France en 1738 - qui entraine la fin de ses privilèges fiscaux - puis la Révolution, qui détruit les bâtiments du prieuré, le bourg ne retrouve qu’une prospérité éphémère au début du XIXe siècle.

           The monks of Charroux Abbey founded a priory in the 8th century which attracted a population of peasants, craftsmen and tradesmen who lived and prospered around its fortified walls.

 

The church has got a "Limousin octagonal bell tower" with a square base, early XIIth century and a portal with tympanum on the theme of the Ascension Day, mid XIIth century.

 

In 1308, the viscount of Turenne granted the village a right to high, medium and low jurisdiction, permitting it to govern the birth of lineages of prosecutors, lawyers and notaries. The enclosure soon became too small to contain the entire population, and faubourgs were created.

 

Following the french wars of religion, the reconstruction of the nobility's fortune coincided with the viscounty's rise in power.

 

After selling the viscounty in 1738, and after the French Revolution which caused the destruction of the priory buildings, the village regained a short-lasting prosperity at the beginning of the 19th century.

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