Armoire et placard liturgiques

L'ARMOIRE LITURGIQUE

 

L'armoire semble disparaître au Moyen Âge au profit des coffres, huches et bahuts, hormis pour conserver les armes dans les châteaux ou encore dans les églises ou monastères. Une armoire particulière (« Conditoria » en latin), était le meuble construit dans les monastères, églises ou chapelles près de l'autel, où l'on déposait par exemple le saint sacrement, des vases ou objets sacrés, les saintes huiles, des reliques, etc.  L'armoire était secondée ou remplacée par un placard directement construit dans l'architecture. Une solide serrure permettait de les fermer à clé.

 

La plus ancienne armoire conservée en France serait celle de l'abbaye d'Aubazine en Corrèze. Deux armoires anciennes de ce type, mais de la fin du XIIIème siècle sont conservées dans la Cathédrale Notre-Dame de Bayeux et dans la Cathédrale Notre-Dame de Noyon, mais celles-ci sont ornées de pentures (WIKIPEDIA).

 

L'ARMOIRE LITURGIQUE D'AUBAZINE : LE PLUS ANCIEN MEUBLE DE FRANCE ...

 

L'abbaye d’Aubazine possède une armoire liturgique considérée comme la plus ancienne armoire conservée en Europe puisqu’elle est datée de la seconde moitié du XIIème siècle. 

 

 

Armoire liturgique de l'abbaye d'Aubazine du XIIème

L’armoire d’Aubazine est construite comme un coffre en bâti épais dont le maintien des panneaux est assuré par des éléments de fer forgé. Elle a été réalisée en chêne dont l’emploi, presque exclusif au Moyen Âge, est une des caractéristiques dominantes de cette période. Sa décoration est d’inspiration architecturale : les pentures métalliques des battants rappellent celles des portes principales des églises. Elle présente quelques similitudes avec les volets d’un placard encastré dans le mur du croisillon nord de l’église d’Aubazine, lequel daterait du début du XIIème siècle. Les baies géminées plaquées sur les côtés du meuble, les colonnettes sur les angles des montants, les dents de scie sur le rebord supérieur de la corniche sont également des motifs architecturaux qui figurent dans l’église. La corniche présente des traces de peinture rouge et la bordure des serrures est marquée par des vestiges de dorure, ce qui indique que cette armoire était autrefois polychrome. Cela est d’ailleurs attesté par le fait que les deux autres armoires anciennes qui nous sont parvenues de la fin du XIIIème siècle, conservées dans les cathédrales Notre-Dame de Bayeux et Notre-Dame de Noyon, sont peintes.


La façade était parcourue de trois rangées de gros clous décoratifs et de bandes de laiton fixées par de fines pointes, aujourd’hui disparues. Les serrures qui bloquent les loquets ornés de tête d’animaux sont d’origine. Au XVIIème siècle, des évents ont été percés sur les côtés. En 1891 l’armoire d’Aubazine est classée au titre des monuments historiques, elle est parmi les meubles les plus anciennement protégés en France. Elle est dans un état de conservation remarquable et demeure le plus ancien meuble liturgique de France mais aussi de la chrétienté.


En 1960 l’armoire est nettoyée et les parties inférieures sont restaurées. En effet, les pieds étaient en mauvais état et vermoulus. C’est peut-être à ce moment que fut fabriqué le cadre en bois sur lequel reposent les pieds de l’armoire. En 1982 une seconde intervention s’attache à la restauration des bases et des traverses basses du côté droit ainsi qu’à la restitution de certaines des huit colonnettes.

Placards liturgiques de

l'église de Sagnat

Placards liturgiques de l'abbaye d'Aubazine du XIVème