Châsse de la cathédrale de Tulle

Cette châsse dite de la crucifixion de la cathédrale de Tulle est un objet exceptionnel. Un monument historique du XIIIème siècle en émail champlevé limousin. Il semblerait qu'elle était initialement installée dans l'église Saint-Pierre du château, bâtie jusqu'à la Révolution sur l'actuelle place de la Bride. La châsse est devenue propriété de la ville en 1905, mais demeurant à la charge du clergé.

 

Le périple à travers le temps de ce trésor tulliste est mal connu. Sa présence est attestée dans l'église Saint-Pierre-des-Carmes au début du XXème siècle. Il est exposé à Tulle en 1921 et 1968, séjournera ensuite dans un coffre de banque avant d'être transféré, en 1995, au musée des Beaux-Arts de Limoges. Où il aurait participé à quelques expositions sur l'art médiéval limousin. Voilà donc ce monument historique, classé en 1891, de retour à Tulle, affecté par le dernier Conseil municipal à l'inventaire du musée du Cloître. Ce qui fait du musée le lieu définitif de conservation de cette pièce d'autant plus exceptionnelle qu'il s'agit du dernier reliquaire émaillé de la ville.

 

Jean-Loup Mercier (La Montagne)

 

Témoin d'une série homogène d'oeuvres de qualité produites dans les années 1190-1220, cette châsse de la cathédrale de Tulle propose un programme dogmatique sur la face majeure et une décoration ornementale sur la face mineure.

 

A la mort physique du Christ sur la Croix, entouré de la Vierge et de saint Jean, accomagné des apôtres, correspond, au rampant du toit, la vision céleste des quatre saints inscrits dans les mandorles. Dans la composition tripartite de la caisse, la Crucifixion occupe le champ médian, tandis que de part et d'autre deux panneaux cernés de bandes ondées présentent des apôtres sous des arcatures. Les têtes des figures sont rapportées, tandis que les corps sont mis en réserve et gravés par un trait vigoureux. Les fleurettes du toit, aux écoinçons des mandorles, sont gravés au centre d'un petit nimbe émaillé. Elles remplacent, au-dessus des bras en croix, l'image habituelle du soleil et de la lune.


Dans la palette, riche de quatre valeurs de bleu se détache en vert foncé le bois de la croix. Les pieds du Christ reposent sur un suppedaneum d'émil noir ponctué de bleu. Le liseré ondé du compartiment est traité en gammes polychromes bordées de blanc et pointillées de noir.

 

(Source - Emaux Limousins du Moyen Age / Images du Patrimoine)

 

Sur la face antérieure des pieds carrés, un motif en "vermiculé" à feuillages décore le prolongement de la plaque, simple rappel des techniques employées dans le fonds des scènes historiées de la châsse de Gimel et de celle de Malval (actuellement au musée de Guéret). Les plaques de revers portent une ornementation sur trame orthogonale de quatrefeuilles inscrits dans des cercles, évocation, de lignes sépulcraux. Les nuances en dégradé des émaux des quatrefeuilles jouent sur les accords noir-vert-jaune et rouge-bleu clair-blanc.

 

(Source - Emaux Limousins du Moyen Age / Images du Patrimoine)

 

  • facebook-square
  • flickr-square
  • Twitter Square