Les plats de reliures émaillés !

Les plats de reliure ornaient les livres liturgiques. Ils jouaient à la fois un rôle de protection du manuscrit et un rôle d'ornementation de prestige. L'exemple de ce Lectionnaire de l'abbaye Saint-Gilles de Brunswick en Basse-Saxe, daté du premier quart du XIIIe siècle comporte de magnifiques médaillons émaillés provenant des ateliers limousins. https://www.limousin-medieval.com/plats-de-reliures



"Le nombre de plats de reliures conservés est de 140, sans que l'auteur considère cette liste comme close. En effet, au cours même de la rédaction de son article, elle a pu en inventorier dix nouvelles pour une période allant du dernier tiers du xne siècle au premier quart du xiiie. La moitié de ces reliures se trouvent conservées en France. Pour la plupart, elles ont été démembrées. Seule la bibliothèque de Saint-Gall conserve un manuscrit protégé par sa reliure originelle. Une douzaine de plaques appareillées sont séparées de leur manuscrit, cinq autres isolées ont été remontées sur un manuscrit différent. Aussi n'est-il pas toujours possible de préciser quelle sorte d'ouvrage la reliure était censée contenir ; évangéliaire, lectionnaire, sacramentaire, psautier, rituel... Certaines même pouvaient remplir le rôle de reliquaire, ce qu'une cavité cruciforme taillée dans le contre-plat permet d'affirmer. Le plus souvent, le format adopté est celui de nos in-octavo, plus rarement in-quarto. Cependant l'auteur se demande si ces plaques formaient toujours à l'origine des reliures. Il est possible qu'elles aient constitué des petits retables mobiles comme il en existait un en 1482 au prieuré d'Aureil en Limousin".

M.-M. Gauthier, Les Reliures en émail de Limoges conservées en France: recensement raisonné in Humanisme actif: Mélanges d'art et de litérature offerts à Julien Cain, 2 vols., Paris, 1968, I, p. 285.


https://dioezesanmuseum-paderborn.de/einband-des.../



Certaines de ces "couvertures" ont été préservées, mais le plus souvent détachées du manuscrit d'origine, pour être vendues. Les ateliers d'émaux de Limoges n'ont pas manqué à partir de la fin du XIIème siècle, dans leur grande production, de créer certaines pièces aujourd'hui si bien conservées.



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