Prieuré des Salles-Lavauguyon

 

Le prieuré des Salles Lavauguyon compte parmi les fresques romanes les plus exceptionnelles d'Europe, il reste encore très méconnu malgré l'effort local des associations et des villages.  Le décor peint a été découvert au début des années 1980, et a permis de mettre à jour plus de 250 m² de peintures exceptionnelles. C'est le plus important ensemble de peintures romanes du Limousin.

 

C'est aux confins occidentaux du Limousin, entre Limoges et Angoulême, un chef-d’œuvre de l’art roman, enfoui depuis des siècles, enrichit à présent le patrimoine de l’Ouest de la France. Erigée à la période romane, l’église Saint-Eutrope des Salles-Lavauguyon, classée monument historique depuis 1907, est un édifice impressionnant tant par son architecture que par ses peintures murales.

 

Objet de diverses restaurations depuis des années, elle offre actuellement une partie non négligeable d’un ensemble exceptionnel, puisque l’enlèvement de nombreux badigeons a permis la mise à jour de peintures datant essentiellement du XIIème siècle. Ces dernières révèlent de grandes qualités d’exécution, un indéniable savoir-faire des artistes et un attachement aux traditions romanes. Le dessin, aux angles vifs et au tracé d’une grande vitalité, s’allie fort bien à une richesse de coloris tout à fait étonnante, puisque l’on peut retrouver, des bleus intenses mais aussi des blancs, des verts, des ocres roses, bruns ou rouges, mis en lumière par la technique de rehauts (NB: Touche claire ou brillante destinée à faire ressortir certaines parties.)

 

(Source - Texte de Jane Champeyrache)

Pour plus d'info ...

Les peintures murales de l’église Saint-Eutrope aux Salles-Lavauguyon (entre 1150-1170) / C. Voyer

Programme iconographique des peintures de Saint-Eutrope des Salles-Lavauguyou / Marie-Thérèse Camus

Ces réalisations exécutées selon le principe de la fresque, offrent un intérêt exceptionnel. Visages aux grands yeux expressifs, légers trois-quarts savamment étudiés, mains rendues mobiles par ce que l’on sent être une conversation : tout concourt à rendre cette iconographie exemplaire. Exemplaire et magistrale puisque l’on découvre dans ce riche décor une orchestration puissamment étudiée ou hiérarchisation des images et mise en lumière de certains parallèles apparaissent très vite. Ces liens, ainsi créés, sous-tendent une réflexion spirituelle. Au nord, les scènes de la création d’Adam et Eve et de la Tentation ; au sud, celles de l’Annonciation et de la Nativité. Marie, lumineuse, rachète la faute des hommes.

 

La dévotion mariale au XIIème siècle est importante et les saints ont une grande place en Limousin : eux qui, ici, forment une chaîne solide entre le Christ et les fidèles guidant ainsi leurs pas : Etienne protecteur, saint Martial, évangélisateur. Saint -Eutrope des Salles-Lavauguyon, offre avec ses fresques un brillant témoignage qu’a pu avoir l’art roman en Limousin.

 

(Source - Texte de Jane Champeyrache)

 

Le revers de la façade, les écoinçons de la première travée du vaisseau central, les murs latéraux et le mur oriental de la nef ont donc conservé un certain nombre de scènes. Outre le cycle de la Genèse - de la Création d'Adam et Eve à la Chute, le cycle de l'Enfance du Christ, une scène de donation, une scène infernale, des cycles hagiographiques (six sur neuf ont été préservés), des effigies de prophètes et de deux chanoines, il subsiste tout un vocabulaire ornemental ... La totalité de l'édifice était ainsi peint, offrant aux regards une ambiance chatoyante, propre à la maison de Dieu.

Le décor peint livre ici l'image que la communauté donne d'elle-même, de sa place au sein de l'Eglise locale et universelle. Il donne à voir la spiritualité et la culture profonde des chanoines commanditaires dont l'identtité s'est constitué en "miroir" de l'évêque dans un contexte de réforme.

 

(Source- Cécile VOYER)

Registre supérieur.


A la hauteur de la fenêtre, du côté nord, la création d'Adam et d'Eve . A gauche, le créateur
nimbé, habillé d'une tunique blanche et d'un manteau bleu-vert, est penché sur le corps nu d'Adam qu'il redresse en lui tenant le visage. L'homme a une main déjà tendue et les yeux ouverts ; son regard rejoint celui du créateur qui vient de lui donner la vie. Une deuxième personne divine l'encadre à droite. Ce n'est pas l'exacte réplique du Dieu créateur. Vêtu d'une ample robe bleu-vert et d'un manteau ocre rouge, auréolé d'un nimbe crucifère, le Logos tend la main droite ouverte au-dessus de la tête d'Adam et, de l'autre, porte un livre fermé. Yves Christe vient de souligner l'originalité de cette iconographie et d'en reconnaître les modèles dans l'illustration de plusieurs sarcophages du IVe s. et du Pentateuque de Tours (Paris4 Bibl. nat.j MS Nouv. acq. 2334). Signalons aussi que la création d'Adam par le Père en présence du Fils orne un chapiteau du chevet roman de Saint-Jean-de-Côle, non loin des Salles.

 

A droite, peint à une échelle plus petite, le Dieu créateur apparaît à nouveau, nimbé. Sur la tunique
blanche, le manteau est, cette fois, jaune à revers bleu. Dieu s'incline vers deux corps nus ; on reconnaît Adam qui dort en appuyant son visage sur le dos de sa main et Eve légèrement redressée ; leurs corps sont différenciés, mais leurs bras s'enlacent.
La scène est encadrée d'une décoration en faux-marbre et une inscription se déroule sur un fond bleu dans la partie supérieure : on ne discerne que quelques lambeaux ADA. . .MMA.A.ATIS. . . (?).

 

(Source - Cahiers de Civilisation médiévale / "Programme iconographique des peintures de Saint-Eutrope des Salles-Lavauguyon" Marie-Thérèse Camus)

 

Le Chanoine Etienne Maleu, mort en 1322, avait rédigé une chronique latineL sur l'histoire du chapitre de la collégiale de Saint-Junien. Il y rapporte qu'Aimeric de Rochechouart donna l'église des Salles-Lavauguyon, « une fois bâtie », au chapitre de Saint-Junien, le 18 septembre 1075.

De cette époque daterait donc la première campagne de travaux, dont subsisteraient peut-être encore les murs sud et la base du mur nord de la nef. D'une deuxième campagne romane (début xne siècle) dateraient la façade occidentale, dont l'esprit est déjà proche de la Charente, et le voûtement des berceaux transversaux des chapelles latérales.

Enfin, d'une troisième campagne gothique (xme siècle), daterait la reconstruction du chœur, plus large, à bas-côtés et à chevet plat.

La nef à vaisseau unique, avec son très haut voûtement en berceau brisé sur doubleaux contrebuté par les voûtes en berceaux transversaux des chapelles latérales, avec d'étroits passages cintrés au travers des piles, les demi-colonnes, les chapiteaux nus, les encadrements des fenêtres avec tores et colonnettes, le transept à peine saillant absorbé par le raccordement du chœur gothique, sensiblement plus large, mais également d'esprit roman parsonvoûtement enberceau brisé et en voûtes d'arêtes sur les bas-côtés, donnent à cette architecture élancée une très grande simplicité et une apparente homogénéité.

 

Dans son ensemble, et malgré la différence d'échelle, ou de certaines structures, l'église des Salles-Lavauguyon se rattache, par beaucoup de points, à la collégiale de Saint-Junien. L'édifice, en raison de son implantation perpendiculaire à la colline, présente la particularité de monter, par paliers successifs, de travée en travée, vers le chœur : cette disposition originale, ajoutée à l'élancement de la nef, donne un effet d'ascension particulièrement spectaculaire.

(Source - Découverte de peintures murales dans l'église Saint-Eutrope des Salles-Lavauguyon Gabor Mester de Paradj / article Persée)

Ces peintures, réalisées selon la technique de la fresque, sont d'unintérêt exceptionnel par :

— leur ancienneté (probablement du tout début xne siècle) ;

— leur état de conservation, en particulier, sans aucun piquage pour l'accrochage d'enduits plus tardifs, bien que certaines scènes soient très brouillées ;

— la qualité et la richesse de la coloration, avec notamment la conservation de coloris bleu vif magnifiques, probablement, et sous réserve d'analyses, au lapis-lazuli, dont la conservation aussi intacte est un fait rare, et qui témoigne de la la richesse de la dotation dont avait l'objet cette église,

- l'originalité et l'ampleur de l'iconographie avec déjà sur cette seule paroi du revers de la façade, cinq registres superposés, présentant, selon les premières interprétations rendues possibles en l'état actuel des dégagements, et sous réserve d'un examen et d'une analyse plus détaillés, en partant du haut vers le bas :


1er registre : la Création  

la création d'Adam et Eve

2ème registre : La Naissance du Christ

L'Annonciation

l'Offrande des Rois Mages

L'Annonce faite aux bergers

la Nativité

3ème registre : L'illustration des Vices

la gourmandise 

la violence (?)

la vanité (?) . la luxure

4e registre : La Vie des Saints

vie de St Etienne 

vie de saint Marial

5ème registre invisible

Ceprogramme ioconographique est accompagné d'un décor géométrique sur les arcatures et de peintures en faux-marbre surles colonnettes et les chapiteaux. Les parties d'ores et déjà dégagées constituent une découverte de peintures murales dont l'importance archéologique, iconographique et artistique est capitale.

(Source - Découverte de peintures murales dans l'église Saint-Eutrope des Salles-Lavauguyon Gabor Mester de Paradj / article Persée)

Au sud de la fenêtre, une Annonciation et vraisemblablement une Visitation étaient disposées dans deux cadres peints. Il ne reste de la supposée Visitation qu'un fragment de personnage.

 

En revanche, la Vierge et une partie de l'ange de l'Annonciation sont encore bien visibles. Présentée sur un fond d'un bleu intense, la Vierge est majestueuse, drapée dans une grande robe jaune à larges manches et d'un manteau aux bords enrichis d'orfrois et de perles, la tête couverte d'un léger voile blanc, souligné d'ocre.

 

Des perles aussi ourlaient son auréole qui se détache sur une bande rouge vif. Placée de trois quarts devant l'ange, elle ouvre pleinement les mains, marquant en même temps l'étonnement et son acceptation du message divin ; l'ange était très près d'elle. On voit encore son manteau blanc, serré en un riche drapé sur une tunique bleue et, près du visage de Marie, sa main aux trois doigts levés. Lambeaux d'inscription : . . .VERBUM(?) LOQUENTIS.

 

(Source - Cahiers de Civilisation médiévale / "Programme iconographique des peintures de Saint-Eutrope des Salles-Lavauguyon" Marie-Thérèse Camus)

Registre 2


Du nord au sud se succèdent trois scènes de l'Enfance du Christ : la Nativité, l'Annonce aux bergers et l'Epiphanie. Pour la première, on devine la Vierge allongée sur un lit, une draperie ocre et rouge formant un fond en cercle au-dessus d'elle. Elle se penche sur un petit lit en bois, en forme de caisse, où l'Enfant est couché, sous un drap et des couvertures ; derrière lui apparaissent un âne gris et un boeuf ocre rouge. A droite des deux lits, contre une colonnette en faux-marbre, veille Joseph. Une inscription
débute par IOSEP.


Une fausse colonne sépare la Nativité de l'Annonce aux bergers, scène semi-lacunaire. On en distingue néanmoins les principaux acteurs. Trois bergers, vêtus de robes courtes, poussent devant eux un âne gris et cinq moutons. L'un d'eux tient deux sortes de crosses qui sont peut-être des trompes. Ils se dirigent vers un grand ange dont la robe blanche et le manteau jaune sont encore assez visibles. L'ange pointe trois doigts vers le ciel.


L'Epiphanie est presque effacée. A gauche, Marie est assise de trois quarts, portant l'Enfant sur ses genoux. Celui-ci bénit les mages qui s'agenouillent devant lui, mais dont on ne distingue guère plus que des bras tendus et la masse de leurs trois têtes couronnées, se touchant presque.

 

(Source - Cahiers de Civilisation médiévale / "Programme iconographique des peintures de Saint-Eutrope des
Salles-Lavauguyon" Marie-Thérèse Camus)

Registre 3


A ce niveau, un tableau de supplices infernaux s'oppose à une scène d'offrandes. L'Enfer se développe du côté nord et au centre de la paroi. Sous la Nativité trône une allégorie de la Luxure : femme aux cheveux dénoués, enveloppée d'écharpes blanches et de flammes ocre rouge, complice d'un diable qui vole au-dessus d'elle. Elle est identifiée comme MERETRIX, allusion à la prostituée de l'Apocalypse et son compère est le COTER NIGER, le cornu noir. Deux serpents montent entre ses jambes écartées et sucent ses seins dénudés. Le trône a une allure  architecturale et l'on aperçoit encore le coussin qui le recouvrait. Au-dessus de la scène, la fin d'une autre inscription : . . .IN EVUM.


A gauche, dans le magma infernal, on ne distingue plus guère qu'une silhouette assise, aux jambes croisées, sans doute nue, puis deux grands corps également dénudés, présentés en diagonale. Les damnés ont les pieds et les mains liés. L'un d'eux, encore vivant, est assailli par un oiseau. Un réseau de losanges blancs sur une bande ocre simule le sol. Dans la partie supérieure, une inscription courait
sur une bande blanche. Elle est très altérée : ... NUNQUAM (?), et une autre sur une bande ocre rouge aussi fragmentaire : . . .ICIUS(?), et plus bas . . NV. . .

 

La scène suivante est énigmatique. Trois hommes aux robes courtes se dirigent vers un personnage trônant. Le premier porte une besace timbrée d'une croix. Un oiseau et un lièvre sont accrochés à la ceinture et à l'épaule du deuxième. Le troisième tient dans ses bras un animal blanc, plutôt agneau que chien. Ils sont tête nue. Tous trois ont des guêtres et sont court vêtus ; robes et capes ocre rouge et jaunes. Le personnage assis sur un trône haut sur pieds (sculptés en forme de pattes) est malheureusement bien effacé. On le devine, d'allure masculine, se présentant de face, habillé de blanc. Ses pieds flottent très au-dessus du sol. L'identification de l'épisode est délicate.

 

Quels sont ces trois hommes qui arrivent avec leurs offrandes? Leurs vêtements courts sont ceux des hommes du peuple. On pense aux bergers, mais le personnage sur le trône ne semble pas être Marie portant son fils. La masse de ses vêtements devrait être discernable et ses pieds toucheraient terre. L'Enfant seul accueillant les bergers? Ce serait alors un unicum. La besace à la croix incite à y voir des pèlerins, mais vers quel prince vont-ils? En tout cas, leur marche sereine contraste avec le désordre du tableau infernal. Difficile d'y reconnaître l'allégorie de vices tels la gourmandise, la violence ou la vanité. L'ordonnance calme de la scène et la présence de la croix l'interdisent.

 

(Source - Cahiers de Civilisation médiévale / "Programme iconographique des peintures de Saint-Eutrope des Salles-Lavauguyon" Marie-Thérèse Camus)

Registre 4


Présenté sur des bandes alternées blanches et ocre rouge, le quatrième registre est plus lisible et se
rattache au monde hagiographique. Il montre côte à côte les deux grands protecteurs du diocèse : saint
Etienne, patron de l'église cathédrale et saint Martial, évangélisateur et premier évêque.

Au sud de la porte, se développe la lapidation de saint Etienne. On ne voit plus à gauche Saul, le futur saint Paul, mais seulement les restes d'un trône. Les bourreaux sont répartis en deux groupes ; à gauche deux, à droite trois d'entre eux sont alignés en profondeur. Tous exécutent le même geste. Ils jettent une pierre de leur main droite levée, tandis qu'ils retiennent, de la gauche, un pan de leur tunique pour garder leurs munitions. Sous l'effort, on les voit plier les jambes. Etienne, au centre, est à genoux, en position d'orant. Il est nimbé et tonsuré. Les plis ocres de sa robe bleue, très large, dessinent comme une demi-mandorle ouvragée qui accentue l'effet d'extase. Au moment où les pierres vont l'atteindre, il se tourne vers les nues et la droite de Dieu, mains ouvertes et levées dans sa direction en signe d'acceptation du martyre.


A droite, la tête reposant sur le bras en signe de tristesse, un saint est agenouillé devant une chambre où deux personnages déposent dans un sarcophage un chevalier, la tête masquée par un grand heaume blanc, frappé d'une croix. Son écu est placé sur lui. Sur une châsse émaillée du Louvre, un défunt en suaire, également allongé sur un sarcophage, porte aussi un heaume timbré d'une croix. Cette pièce d'orfèvrerie est consacrée à la vie de saint Martial qui, en certains points, recoupe celle de sainte Valérie. Comme les scènes suivantes aux Salles illustrent pareillement la vie de la même martyre, on peut risquer d'identifier le saint personnage comme étant saint Martial. On cerne mal l'épisode peut être
inspiré d'une Vita perdue. Un superbe chien assis sur son arrière-train et trois oiseaux, deux blancs et un foncé, tombant en piqué sur le saint, complètent la scène. Leur présence fait songer à des éléments de vision. En ce cas l'attitude du saint ne correspondrait pas seulement à l'illustration conventionnelle de la douleur, mais indiquerait aussi celle du sommeil. Martial aurait-il assisté miraculeusement à l'ensevelissement du père de Valérie, en qui l'on a pu reconnaître, à l'époque
romane, le premier duc d'Aquitaine ? Ou le chevalier serait-il le duc Tève, fiancé de Valérie, converti après avoir fait exécuter sa future épouse consacrée à Dieu ? Lui aussi, aurait eu en charge un territoire correspondant à la grande Aquitaine et son nom est la traduction limousine d'Etienne. Nous ne pensons pas qu'il puisse s'agir d'Horatius, écuyer du duc Tève, bourreau de Valérie, mort foudroyé le jour de l'exécution, puis ramené à la vie par saint Martial, pour plusieurs raisons : le saint ne ressuscite pas ici le défunt ; les animaux n'apparaissent pas, lors de ce miracle, dans la Vita ; enfin si cette scène représentait la résurrection du bourreau, elle serait placée dans un sens opposé à la lecture. Elle devraiten effet suivre la céphalophorie de sainte Valérie et non la précéder, comme c'est le cas. Le dessin étant bien conservé, la composition se lit aisément. Le blanc et l'ocre rouge dominent, mais les bleus et les verts ont été érodés.

 

(Source - Cahiers de Civilisation médiévale / "Programme iconographique des peintures de Saint-Eutrope des
Salles-Lavauguyon" Marie-Thérèse Camus)

 

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